![]()
|
|
|||||||||||||
|
Audiences publiques du Comité spécial de l'approvisionnement en bois |
||
| [Liste des rencontres] | [Présentations] | [Résumés journaliers] |
|
La
journée a commencé par une performance des Mémés enragées
qui ont chanté une version tout à fait spéciale de la chanson Teddy
Bear's Picnic.
Sharon
Flatt de Saint John a ensuite commençé les présentations avec une
vidéo intitulée : « Les terres de la Couronne : un héritage
public ». Dans sa présentation, elle demanda que soit créée
une nouvelle sorte de permis pour les terres de la Couronne qui
permettrait aux communautés et aux propriétaires de lots de gérer
certaines zones des forêts publiques. Elle a aussi présenté des
arguments persuasifs pour faire de la protection de l’intégrité écologique
un objectif prépondérant dans la gestion des terres publiques de la
Couronne. Jamie
Simpson, un forestier du comté Charlotte, a qualifié le rapport
Jaakko-Pöyry de document radical qui voudrait voir le Nouveau-Brunswick
enlisé dans des modes de gestion périmés et sur-simplifiés, qui
favorisent seulement la production de fibres de peu de valeur au lieu
d’un ensemble de valeurs présentement disponibles sur les terres de
la Couronne. Il a terminé son exposé en disant que nous en
sommes à un tournant critique pour les terres publiques, et que,
quelles que soient les décisions prises, ce sont les gens, les
communautés et les forêts de la province qui doivent être nos priorités. David
Coon du Conseil de conservation a expliqué comment les terres
de la Couronne avaient été confiées à la province pour qu’elles
soient gérées pour le bien-être de l’ensemble de la population du
Nouveau-Brunswick et comment la loi exige qu’elles soient traitées de
façon telle qu’elles ne perdent pas de leurs valeurs tout en
respectant les droits de Premières Nations. Il en est venu à la
conclusion que, si les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry étaient
acceptées, ce serait une trahison de la confiance du public. Les
grandes entreprises se retrouveraient avec beaucoup plus de pouvoir sur
nos terres de la Couronne et, avec beaucoup moins de possibilités de
les gérer pour l’ensemble des intérêts de la population. Il a
recommandé que le comité spécial sur l’approvisionnement en bois
deviennent un canal de communications permanent entre le public et les décisions
sur le futur des terres de la Couronne. J.D. Irving a lui-même présenté l’ensemble des initiatives que ses compagnies avaient prises et a affirmé qu’il s’était engagé à 100% dans la tâche d’assurer la durabilité environnementale des forêts et dans celle de remplir ses responsabilités sociales. Il a souligné que les bénéfices de doubler l’approvisionnement en bois dans 60 ans seraiende doubler la base manufacturière au Nouveau-Brunswick. M. Irving a souligné que les terres de la Couronne, qui doivent maintenant être gérées pour plusieurs usages, comme pour protéger les habitats de la faune et les cours d’eau, font en sorte que les coupes permises annuellement sont entravées. Il a suggéré que trop de terres sont consacrées à ces activités. M. Irving a fait miroiter que, selon lui, les avantages à court terme de doubler les surfaces de plantations seront un véritable stimulus pour les investissements dans le secteur de la transformation. Quoiqu’il arrive, M. Irving a affirmé qu’il ne pouvait rien faire et a demandé aux critiques de proposer leurs propres plans. Si de telles alternatives existaient à ce que les entreprises proposent pour les terres de la Couronne et, si celles-ci étaient fondées sur la science et réussissaient à donner les mêmes bénéfices alors, que ceux qui critiquent les mettent sur table! En réponse aux questions des membres du comité spécial, M. Irving a affirmé que travailler dans les bois avec une scie à chaîne est une chose du passé et que les habitants du Nouveau-Brunswick doivent accepter que les futures augmentations d’emplois proviendront d’un processus d’augmentation de la valeur du bois.
David
MacLean doyen de la faculté de foresterie à l’UNB, a exprimé
ses doutes à propos de la pertinence de l’objectif de doubler
l’approvisionnement en bois annuellement; ce n’est pas un objectif
approprié. Il a suggéré que l’on crée un conseil consultatif
sur les forêts au ministère des Ressources naturelles qui incluerait
des représentants des entreprises, des universitaires et représentants
d’ONG. Il a dit qu’il fallait établir des normes plus sévères
pour protéger la biodiversité et la conservation des habitats; il a
incité le gouvernement à entreprendre les négociations nécessaires
avec les Premières Nations à propos de l’accès aux terres de la
Couronne. Le professeur MacLean a encouragé le gouvernement à développer
une variété de scénarios pour le futur des terres de la Couronne plutôt
que de s’en tenir au seul scénario présenté par les entreprises
dans le rapport Jaakko-Pöyry, ce qui, à son avis, pourrait prendre une
ou deux années à compléter. Il a demandé que plus
d’attention soit accordée à la qualité et à la valeur de ce qui
pousse sur les terres de la Couronne au lieu d’être obnubilés par
l’accroissement de la récolte. En résumé, le doyen de la
faculté de foresterie a suggéré que l’on ne devrait pas se lancer
dans les changements majeurs recommandés par le rapport Jaakko-Pöyry
compte tenu des conséquences majeures qu’elles signifient pour nos
terres de la Couronne. David Thompson, des Sentinelles de la Baie de Fundy, a insisté pour que les terres de la Couronne soient remises à la population du Nouveau-Brunswick. Il a recommandé aussi, compte tenu du surplus de papier journal, de cartons et de papiers fins recyclés, que le gouvernement oblige les moulins à utiliser une plus grande proportion de matériel recyclé dans leur production de papier. James McCrea, président de la Coopérative forestière du sud, à Sussex, a affirmé que la culture intensive des arbres pour la seule production de fibres, telle que proposée dans le rapport Jaakko-Pöyry, a le potentiel d'affecter négativement les propriétaires de lots privés; il a ajouté que ce rapport inquiète les propriétaires de boisés et que les terres de la Couronne sont devenues leur plus grand compétiteur en réduisant les volumes, les prix et les commandes provenant des compagnies forestières. L'expansion des grandes entreprises a été suivie par la disparition des petites scieries. Il a recommandé que les propriétaires de boisés redeviennent la première source d'approvisionnement, que les subventions à la sylviculture soient augmentées et harmonisées entre les terres de la Couronne et les boisés privés. M. McCrea a recommandé aussi que le gouvernement encourage une gestion multi-usage des terres de la Couronne : que l'on encourage la génération naturelle de la forêt et que l'on gère les bois durs, que l'on s'assure que les profits tirés des terres de la Couronne profitent à toute la population du Nouveau-Brunswick en faisant en sorte que la surveillance du MRNÉ soit efficace et réelle par l'imposition d'amendes immédiates pour toutes activités hors-normes. Alan Anderson, président des Services forestiers Rocan ltée, de Dieppe, a présenté sa compagnie qui fabrique des équipements forestiers. Blake
Brunsdon, forestier en chef chez JD Irving, a fait sa présentation
au nom de JD Irving. Il est d’avis que le rapport Jaakko-Pöyry
est la meilleure façon d’agir. [Déclaration
de Blake Brunsdon, pdf] Stephen Chase s'est présenté au nom de la Fédération atlantique du saumon (FAS), basée à St. Andrews. La FAS a recommandé que la surveillance et la gérance de la forêt suivent le principe de précaution afin de s'assurer que les populations naturelles des poissons survivent. La fédération a recommandé aussi que les organisations de conservation participent aux décisions concernant les plans de recherche et de développement et les priorités, que le Nouveau-Brunswick continue à protéger l'intégrité des cours d'eau avec des zones tampons de 30 à 150 mètres, selon les caractéristiques des rives. Par ailleurs, la FAS a recommandé aussi que les usagers des terres de la Couronne soient appelés à rendre des comptes, qu'annuellement les conditions attachées aux permis de récolte soient disponibles au public, que les résultats des vérifications environnementales soient également rendus publics et que le programme de certification forestière soit mis en œuvre. Finalement, la FAS recommande que le MRNÉ étudie des alternatives afin de permettre une plus grande implication des ONG dans la surveillance et la gestion des forêts du Nouveau-Brunswick et des bassins-versants des cours d'eau! David
Palmer, directeur général du Conseil de mise en marché des
produits forestiers YSC (York, Sunbury et Charlotte), a affirmé que,
bien qu’il ne soit pas opposé à réunir plantations et sylviculture,
il aurait voulu voir un plan d’affaires mieux préparé qui démontre
sa pertinence. M. Palmer a présenté plusieurs questions
difficiles : Comment le tout va-t-il fonctionner? Présentement
le gouvernement dépense 25 millions de dollars pour la sylviculture sur
les terres de la Couronne, d’où proviendraient les nouveaux fonds nécessaires?
Les compagnies forestières ont offert de payer pour la
sylviculture à condition que les arbres leur appartiennent. Après
avoir présenté certaines données sur les moulins de grandeur moyenne,
il a avoué que ces entreprises faisaient face à des temps difficiles;
certaines entreprises ayant déjà de la difficulté avec leur trésorerie,
elles en auraient encore plus si elles devaient investir dans la
sylviculture et même si elles dépensaient des centaines de milliers de
dollars en sylviculture sur les terres de la Couronne, cela ne
permettrait de sauver aucune d’entre elles, au contraire, cela les amènerait
encore plus rapidement à la faillite. Prenant note du manque de détails
dans le rapport Jaakko-Pöyry, M. Palmer a terminé son exposé par une
longue série de « Qu’arrivera-t-il si..? » C’est
alors que Jim Irving est revenu aux audiences publiques et fit ce
que le président du comité spécial qualifia de « présentation
magistrale ». M. Irving était accompagné par Blake
Brunsdon, et ils ont répondu aux questions des membres du comité
pendant 30 minutes. Steven
Jones s’est présenté pour le Local 30 du syndicat des
communications, de l’énergie, et des papetiers (CÉP). Il a déclaré
que ses membres dépendaient de la foresterie pour leur niveau de vie
avec de bons salaires. Il a argumenté que les taxes qu’ils
payaient et les retombées économiques de ces salaires profitaient à
l’ensemble de leur communauté. Et les membres du CEP
contribuent aussi à leur communauté. M. Jones a affirmé qu’il
y avait une grande différence entre les moulins privés et les moulins
corporatifs : les actionnaires n’ont aucun intérêt dans
des emplois permanents, leur seul intérêt réside dans les profits et
dans le minimum de reboisement. M. Jones a affirmé qu’il avait
visité la région de Miramichi et de Bathurst et qu’il n’avait pas
vu un seul arbre replanté. Il a terminé sa présentation en
disant que l’on ne devrait pas permettre aux entreprises de
s’installer ici.
|
||
Début /
English
Droit d’auteur © 2003 Réseau-Terres de la Couronne. Tous droits
réservés