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Audiences publiques du Comité spécial de l'approvisionnement en bois |
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| [Liste des rencontres] | [Présentations] | [Résumés journaliers] |
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Jour
1 - Première journée Présentateurs : Marc-André
Villard, PhD, Professeur titulaire à l’université de Moncton,
Implications de l’accroissement de l’approvisionnement en bois des
forêts publiques au Nouveau-Brunswick : nécessité de considérations
plus compréhensives. Le professeur Villard a décrit comment le rapport Jaakko-Pöyry n’avait pas porté suffisamment d’attention aux questions écologiques. Se fondant sur son expertise, le professeur a suggéré quelques recommandations aux gestionnaires de nos forêts pour qu’ils arrivent à en conserver la biodiversité. Par ailleurs, il a affirmé qu’il n’était pas possible de doubler la récolte de bois sur les terres de la Couronne sans ébranler la diversité biologique de nos forêts publiques. La sylviculture intensive entraîne une diminution de la densité de chicots et de bois mort au sol, ce qui peut avoir des Rick
Murray, propriétaire de boisé et entrepreneur forestier (E.A.
Murray Logging ltée) a demandé au ministère des Ressources naturelles
qu’il conserve son emprise sur la gestion des terres de la Couronne et
qu’il élimine le rôle des grandes papetières dans la gestion des
terres publiques. Il a recommandé que l’on vende aux enchères
au plus offrant les occasions de travailler sur les terres de la
Couronne afin que les coupes soient faites par des entrepreneurs indépendants
travaillant à leur propre compte. Une solution qui, selon M.
Murray, créerait plus d’emplois et qui rapporterait plus de revenus
à la population de la province. Pour sa part, il était d’avis
qu’il fallait doubler la récolte sur les terres de la Couronne et que
même si cela avait des répercussions sur l’environnement, ce serait
le prix qu’il fallait se résoudre à payer à condition qu’il
demeure suffisamment de zones protégées. Mary
Ann Coleman de Waterford a parlé du besoin qu’avaient les députés
siégeant sur le comité spécial, de trouver de l’expertise, en
dehors des audiences publiques, de personnes qui pourraient leur parler
en toute liberté dans les domaines où ils sont susceptibles ne pas
recevoir suffisamment de renseignements. Elle a précisé
qu’elle était au courant de trois organisations sans but lucratif qui
avaient décidé de ne pas se présenter aux audiences suites à des
appels de représentants de l’industrie qui appuient le rapport
Jaakko-Pöyry. Mme. Coleman a demandé que l’on mette en place
une stratégie industrielle forestière progressive. Elle a
recommandé que le gouvernement prépare un livre blanc sur le futur des
terres de la Couronne et qu’il le présente à la population pour
consultation. Elle a aussi fait valoir le besoin d’un système
alternatif des permis et, de la nécessité de s’occuper de la
question des droits des Premières Nations dans le contexte de la
gestion des terres de la Couronne. De
son coté, le maire adjoint de Sussex, Gary Armstrong, a parlé
du besoin d’emplois dans les moulins locaux et a fait remarquer
qu’il fallait tout faire pour obtenir ces emplois mais ce d’une façon
durable à long terme. Tout d'abord, M. Harold Crabbe, des Industries SWP de St. Stephen a suggéré qu'il était essentiel pour les entreprises qui ajoutaient de la valeur aux bois (SWP fabrique des produits de cèdre) et que les entreprises qui dépendent du bois ont besoin d'occasions d'accroître le volume de bois récolté sur les terres de la Couronne. Ensuite, Eugene Gould, le directeur général de Lakeburn Lumber de Dieppe, une scierie avec planeur de grandeur moyenne a souligné qu'une partie de ses installations avaient dû être fermée en juillet 2002 suite à la modernisation et à la tendance à la baisse du marché. M. Gould est d'avis que son entreprise reflète le futur de toutes les scieries à moins que des efforts soient faits pour accroître l'approvisionnement en bois dans la province. Matthew Sheridan-Jonah de l'Alliance environnementale Tantramar a dit, qu'après avoir étudié le rapport Jaakko-Pöyry disponible en ligne ainsi que les prévisions des demandes d'approvisionnement en bois et les futurs investissements des moulins, qu'il était clair que le modèle de développement industriel proposé pour nos forêts est loin d'être durable. Les forces de la mondialisation vont accroître les investissements dans des pays comme la Chine et le Brésil. Nous devrions nous adapter et voir au-delà des seules six multinationales établies au Nouveau-Brunswick pour trouver des solutions à forte intensité de main-d'œuvre et des solutions fondées sur une foresterie communautaire. (Premiers applaudissements à la fin de cet exposé) Marc Spence, un propriétaire de boisé privé, membre du Conseil de la commercialisation du bois sud-est déclara qu'il travaillait pour un seul objectif : s'assurer qu'il y ait suffisamment de surveillance dans nos forêts, c'est-à-dire que l'on essaie de restaurer la valeur de la forêt et de conserver les habitats pour la faune. M. Spence ne voit aucun intérêt dans les plantations d'arbres. Il suggéra que le gouvernement aurait besoin de courage pour réassigner les permis sur les terres de la Couronne tout comme à Vernon en Colombie-Britannique où les terres publiques furent remises à un millier de petits gestionnaires; toutefois, après une quinzaine d'années, les revenus provenant des terres de la Couronne étaient trois fois plus élevés que ceux rapportés par la gestion des grandes compagnies. Nous devons prendre une nouvelle direction, nous devons équilibrer les systèmes en place. (Applaudissements après cette présentation) Pour sa part, Carmen MacArthur, une étudiante de première année à Mount Allison a présenté une flûte fabriquée en érable afin de démontrer son point de vue sur la valeur ajoutée aux produits forestiers. Elle suggéra que la mise en œuvre du rapport Jaakko-Pöyry aurait des effets dévastateurs sur l'écologie de la province et qu'on ne contribuerait ainsi qu'à consolider la mainmise des entreprises sur la province. Sean
Blaney, un botaniste expérimenté, qui a travaillé pour JD Irving,
Bowater ainsi que pour plusieurs autres grandes compagnies forestières,
affirme que le rapport Jaakko-Pöyry ne présente qu'une vue partielle
des forêts du Nouveau-Brunswick, qu'il exagère les bénéfices
potentiels et qu'il sous-estime les coûts des recommandations
suggérées (le rapport prétend que nous pourrions augmenter les
bénéfices tirés de nos forêts à un coût écologique minimal).
Lorsqu'on lit le rapport attentivement, ce dernier affirme qu'il n'y
aura pas de différences significatives dans les approvisionnements en
bois avant 2048, ….pas le double mais seulement une fois et demi de
plus. Cela va prendre beaucoup de temps avant que les recommandations du
rapport aient des effets sur la disponibilité en bois. La création de
plantations demande beaucoup d'investissements de la part du secteur
public. Un risque très élevé pour la population du Nouveau-Brunswick.
Le rapport affirme que les dépenses pour la sylviculture devraient
augmenter d'une moyenne de 26 millions de dollars par an jusqu'à 38
millions de dollars par an, et ce pour les 65 prochaines années (jusqu'à
la maturité des plantations). Le Nouveau-Brunswick devrait dépenser
800 millions de dollars des contribuables pour convertir nos divers
milieux naturels en plantations pour les entreprises. M. Blaney termina
son exposé avec des considérations inquiétantes sur quatre autres
recommandations du rapport : Jesse McNichol, de l'université Mount Allison a lu une lettre rédigée par Amy Anderson qui ne pouvait être présente; elle se réfère au rapport Jaakko-Pöyry comme étant " une invitation au désastre " et elle souligne que la " suggestion d'une forêt génétiquement modifiée est encore plus irresponsable! " Yonatan Strauch, de l'université Mount Allison, a relaté comment, avec un groupe d'amis, ils avaient établi plusieurs relations entre les problèmes d'approvisionnement en bois et le problème de " l'approvisionnement en jeunes " au Nouveau-Brunswick. Sur un premier plan, le manque d'intérêt démontré par l'apathie générale : personne ne sait ce qu'il arrive aux terres de la Couronne. Sur un autre plan, les jeunes se méfient de leurs aînés….ils ont de bonnes raisons de se méfier. Il aurait préféré voir le comité se demander comment nos forêts pourraient créer plus d'emplois…..le comité pourrait-il se rappeler que les jeunes souhaitent demeurer au Nouveau-Brunswick. Un ami a dit : " les forêts sont l'âme de la province ", un autre : " Je ne sais même pas si vous êtes capable de regarder les jeunes et leur dire qu'il y a des occasions pour eux. " Toby Couture a déclaré : " Les objectifs ne devraient pas être de trouver une façon de garnir les poches des riches mais bien de permettre aux gens de travailler sur leurs terres. " Kyla Dowden a chanté d'une façon émouvante une chanson qu'elle avait composée : " The Jack Pine " ….et maintenant le long des rivages, des pierres plates, rien ne pousse, et loin en arrière, les montagnes flottent. Robert Fawcett, propriétaire de Fawcett's Lumber Mill à Petitcodiac a déclaré : " Ce que vous allez entendre aujourd'hui va vous étonner….les entreprises saignent à mort…….les scieries sont victimes de moins en moins d'approvisionnement en bois " Il décrivit alors les investissements de plusieurs millions de dollars que les entreprises ont englouti dans leurs installations pour les rendre plus efficientes …..et puis la récente débâcle du marché. Doubler l'approvisionnement en bois est la réponse à cet " horrible débâcle de notre industrie qui repose dans vos mains. " Judy Stark, enseignante à Petitcodiac pour plusieurs années, a dit que Robert Fawcett lui avait demandé de faire une présentation. Elle a décrit le tour organisé pour " la maîtresse " et le traitement royal des compagnies forestières qui l'ont reçu pendant une semaine en Nouvelle-Écosse comme étant très " impressionnante ". Barb Wasson, enseignante à Salibury, avait aussi reçu une demande de présenter son opinion de M. Fawcett. Elle aussi a été impressionnée par le travail fait par l'industrie forestière et par sa sensibilité envers l'environnement. Daniel LeBlanc des Sentinelles de la Petitcodiac voit dans le rapport J-P une situation embarassante, il prévoit qu'effectivement il y aura une pénurie de bois. En dix ans, l'augmentation des zones protégées de 1,3 à 4,2 % représente d'énormes implications pour la seule option des entreprises. Ce n'est pas juste pour nos enfants. M. LeBlanc a recommandé qu'une étude d'impact environnementale sur les recommandations de Jaakko-Pöyry soit entreprise. Melissa
MacMullin et Jérémie Breau, étudiants à l'école
supérieure Mathieu Martin de Dieppe furent les derniers à présenter
leur mémoire. Mélissa pensait, qu'âgée de 16 ans, elle devait
s'exprimer au nom des jeunes et qu'elle n'avait qu'un NON catégorique
pour le rapport J-P, non pour les coupes dans les zones tampons, non aux
plantations industrielles d'arbres. Elle ajouta que les jeunes voulaient
avoir plus que le souvenir d'une forêt. |
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