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Audiences publiques
du Comité spécial de l'approvisionnement en bois
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Septième journée
Miramichi
le 27 novembre, 2003 

Drew English et Robert MacDiarmid - Weyerhaeuser
M. English a suggéré que c'est une gestion intensive de la forêt qui est nécessaire pour résoudre les nombreux problèmes environnementaux. M. English a même prétendu que, dans l'ensemble, la demande serait moins forte si une plus grande partie des terres de la Couronne était coupée à blanc. La situation de Weyerhaeuser est pressante. Il n'y a pas assez de peupliers qui poussent au Nouveau-Brunswick pour les moulins de la Miramichi. La compétition internationale serait féroce. Il s'est dit inquiet que des décisions politiques puissent être prises afin de créer des emplois à court terme. Il a répété les demandes des grandes entreprises et a affirmé qu'il fallait absolument récolter plus de fibres de bois sur les terres de la Couronne si l'on veut que d'autres investissements soient faits dans l'industrie de la transformation des fibres. Il a fait miroiter qu'advenant l'intensification des récoltes sur les terres de la Couronne, une bonne partie du secteur manufacturier du Nouveau-Brunswick pourrait-être conservée malgré les efforts de rationalisation causés par la mondialisation. Il a prétendu que son moulin fonctionnait parfaitement bien. M. English a alors souligné que, selon lui, le public ne voyait pas la relation entre les entreprises forestières et les montants alloués aux programmes sociaux. Déjà Weyerhaeuser a fermé un certain nombre de ses installations ailleurs au Canada durant ces dernières années. " Si l'approvisionnement en bois est chancelant, attendez-vous à des répercussions dans le processus de transformation. " " Les approvisionnements en bois au Nouveau-Brunswick sont chancelants. " M. English a poursuivi en affirmant même qu'il était nécessaire d'agir maintenant si l'on voulait vraiment conserver l'industrie forestière au Nouveau-Brunswick. Et pour terminer ses propos sur la nécessité de récolter plus de fibres sur les terres de la Couronne par une gestion forestière intensive, il finit en disant que plus de bois pourrait être récolté si l'on utilisait des coupes sélectives, pas seulement des coupes à blanc et l'éclaircissement de la régénération. En somme, M. English voudrait que l'on puisse récolter plus de bois mou et plus de bois dur.

Sabine Dietz - naturaliste et biologiste
Sabine Dietz a présenté aux membres du comité spécial une visite de la biodiversité forestière et aquatique avec les composantes associées aux divers habitats. Mme Dietz a dit qu'il y avait plus de 33 000 espèces au Nouveau-Brunswick, mais que le rapport Jaakko-Pöyry recommandait que l'on s'occupe seulement de deux ou trois d'entre elles. Compte tenu que les terres de la Couronne ont été confiées pour le bénéfice de l'ensemble de la population, Mme Dietz a insisté pour que les membres du comité spécial prennent leur responsabilité de bon gestionnaire pour l'ensemble de la population. La province ne peut se permettre de ne pas se fonder sur les connaissances écologiques disponibles pour gérer les terres de la Couronne. La gestion des terres de la Couronne ne peut se faire au coup par coup. Elle a demandé aux membres du comité de bien comprendre que les forêts ne sont pas uniquement faites pour produire des épinettes et des sapins. Une gestion durable est concernée par la durabilité écologique de la forêt, et c'est précisément la condition nécessaire pour que la forêt fournisse du travail à long terme aux habitants et aux habitantes du Nouveau-Brunswick. Elle fit remarqué que nos connaissances sur l'état des écosystèmes forestiers du Nouveau-Brunswick sont encore très limitées. Encore l'an dernier seulement, six nouvelles espèces ont été découvertes au Nouveau-Brunswick.

Gilles Martin
Biologiste, du village de Richibucto
M. Martin est d'avis que si les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry étaient acceptées, ce serait un immense pas en arrière pour nos forêts. Si nous voulons véritablement une sylviculture durable, plusieurs questions doivent être posées. Le rapport Jaakko-Pöyry ne représente qu'un point de vue industriel de forestiers qui dépendent de coupes à blanc, de monocultures et d'épandage de pesticides. M. Martin a affirmé qu'actuellement la gestion de nos terres de la Couronne est déjà très intensive et que le rapport suggère qu'on aille encore plus loin dans cette direction industrielle. " Nous nous sommes déjà engagés à transformer 20% de nos forêts en plantations. Il y a déjà une haute densité de routes forestières et, les sols s'assèchent. " M. Martin se demande combien de générations d'arbres pourront nous faire pousser avec succès avec les plantations?
" Si nous nous en tenions au principe de la précaution, nulle part, ce dernier est invoqué dans ce rapport industriel. " M. Martin a affirmé que le maintien de l'intégrité écologique des écosystèmes forestiers devrait être notre première priorité et que les systèmes de gestion mis en place devraient tous se soumettre à cette exigence. Et c'est pourquoi la recommandation la plus embarrassante était celle de transformer les terres de la Couronne en plantations.
Malgré la notion industrielle selon laquelle il faut couper les arbres pour qu'ils ne se perdent pas, il n'existe pas de pertes dans nos forêts. En effet, les arbres morts sont essentiels pour la survie de la forêt. Ce n'est tout simplement pas le rôle des entreprises qui exploitent présentement nos terres de la Couronne de nous dire quelles devraient être les valeurs sur lesquelles nous nous fondons pour utiliser et gérer nos terres de la Couronne. Le modèle que nous avons mis en place jusqu'ici favorise les grandes entreprises, mais ce n'est probablement pas celui qu'il faudrait si nous voulions créer des emplois pour les habitants et les habitantes du Nouveau-Brunswick. Pourquoi donc aucun permis n'est accordé aux communautés forestières sous le modèle actuel alors que ce serait possible sous un modèle de gestion.

Monsieur Martin a recommandé que le processus actuel de consultation dépasse largement celui de ces audiences publiques. Les conséquences de l'adoption des recommandations du rapport Jaakko-Pöyry sont tellement vastes que le gouvernement se doit de prendre son temps afin d'entreprendre des discussions beaucoup plus étendues et plus profondes avec les Nouveaux-Brunswickois. M. Martin a affirmé que c'est aux entreprises à s'adapter aux forêts et non pas le contraire. Il a demandé que les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry soient rejetées, tout en exprimant son impression que les décisions avaient été prises déjà. " Comment pouvons-nous vraiment hériter d'une immense forêt et laisser simplement une immense plantation à nos enfants? "  Isabelle Martin, fille de 13 ans de M. Martin a demandé que l'on conserve cette place magique que représentent nos forêts pour le futur, pour les gens et pour les animaux. Et les larmes aux yeux, j'ai cessé de prendre des notes…

Sabine DietzFédération des naturalistes du Nouveau-Brunswick
Mme Dietz a dit que la Fédération invoquait le principe de précaution, c'est-à-dire que nous devrions être très prudent dans notre approche de la forêt qui a le potentiel d'engendrer de vastes transformations des écosystèmes. Elle a affirmé que la conservation de la biodiversité est un principe que la gestion forestière ne peut ignorer, d'autant plus que nous connaissons si peu sur nos forêts, sur la diversité et la distribution des espèces. Nous pourrions très bien en ce moment perdre des espèces sans même nous en rendre compte. Le gouvernement provincial n'a catalogué que 863 des 330 000 espèces trouvées au Nouveau-Brunswick.
Mme Dietz a fait remarquer qu'au Nouveau-Brunswick seulement 3,1% de nos forêts sont protégées des activités industrielles, mais ces îlots sont inadéquats pour maintenir la biodiversité. Une sylviculture véritablement scientifique doit considérer les effets de toutes ses actions, construction de routes, transportation, transformation, sur toutes les espèces.
Mme Dietz a recommandé que toutes les zones spéciales de gestion demeurent sous gestion spéciale afin de garantir la biodiversité. Des recherches doivent être entreprises dans les zones de grande valeur écologique avant que toutes décisions soient prises. Finalement, Mme Dietz a demandé que, fondées sur des études scientifiques, des allées de raccordement soient créées entre les zones protégées sur les terres de la Couronne.

Charles Richard - M. Richard a vu nos forêts décliner, notre faune disparaître et nos communautés s'appauvrirent. " Mais pourquoi donc? " S'est-il demandé. Il a travaillé dans les bois depuis sa quatorzième année, il a chassé, il a trappé. M. Richard a réalisé qu'à chaque fois que quelque chose est apporté à l'attention du gouvernement, cela tombe sur de sourdes oreilles. Avec copies de la loi sur les terres de la Couronne à la main datant d'aussi loin que 1913, M. Richard a démontré qu'en 1913 ce n'était pas les entreprises mais bien les gens qui avaient la mainmise sur les terres de la Couronne. En 1953 et en 1973, la loi précise que le travail pour les communautés forestières doit être optimisé. Depuis, tout a bien changé! Et qu'est-ce qui a changé? M. Martin est arrivé à la conclusion que c'étaient les politiques gouvernementales qui s'occupaient beaucoup plus des besoins des grandes entreprises que ceux de la population. Tout ce qui était dans la Loi sur les terres de la Couronne pour protéger la population a été supprimé dans sa plus récente version.
M. Martin a expliqué comment sa femme enceinte a été aspergée par un épandage de pesticides dans les années 1970. Nous vivons dans une société d'hommes et de femmes sans conscience. On dit qu'il faut étudier le passé pour connaître le futur, et c'est ce que M. Martin a fait. Il a vu périr notre faune, et disparaître les cédrières, où donc la faune pourra-t-elle survivre?

Jaakko Sarantola - UPM Kymmene
Selon M. Sarantola, les moulins nord-américains sont désuets et de moins en moins compétitifs lorsque comparés aux moulins européens. Il s'est alors plu à décrire les effets économiques de leur moulin de Miramichi. Cette papeterie est moderne dans le contexte nord-américain, mais le moulin de papier kraft est vieux. Une de leur machine à papier en est au milieu de sa vie. Les nouvelles machines ont le double de capacité et peuvent accomplir de nombreuses tâches, mais pour acquérir une telle machine, il faut des investissements importants.
Pourquoi a-t-on besoin d'objectifs d'approvisionnement au Nouveau-Brunswick? Parce que, s'il n'y a pas d'approvisionnement additionnel, ils ne pourront ni investir ni grandir. Les moulins ne fermeront pas si la province est obligée de faire ce qu'elle doit faire pour garantir les approvisionnements de matière première. Les scieries n'utilisent seulement la moitié du bois qu'elles reçoivent, l'autre moitié est transformée en copeaux pour les moulins à pâte. Ce qui veut dire que les scieries ont besoin des moulins à pâte pour survivre. Des objectifs d'approvisionnement sont nécessaires afin de justifier des investissements qui ont une espérance de vie de 40 ans. Selon M. Sarantola, il est important que nous prenions soin de la croissance des entreprises. Il faut que les entreprises investissent ou bien elles perdront du terrain.
Ses moulins utilisent des épinettes et des sapins, et la moitié de son approvisionnement provient des terres de la Couronne et l'autre moitié des boisés privés. Comment UPM tient-elle compte des inquiétudes des environnementalistes et les besoins en matière première en Finlande? À cette question, M Sarantola répondit qu'il y avait beaucoup de peurs, mais que les entreprises s'étaient occupées de toutes les questions environnementales. Il prétendit que les entreprises n'avaient jamais parlé de doubler les coupes, seulement doubler la croissance! Sa compagnie construit en ce moment une nouvelle machine à papier en Chine. Si la demande augmente en Amérique du nord, on choisira un de trois moulins, celui d'Écosse, l'américain ou bien celui du Nouveau-Brunswick. Une nouvelle machine à papier coûte entre 600 millions et 800 millions de dollars, elle consomme 80 MW d'électricité et consommerait 10% du bois mou disponible ces jours-ci au Nouveau-Brunswick.
Les emplois directs dans l'industrie des pâtes et papiers n'augmenteront pas dans le futur, mais les emplois indirects vont augmenter dans de tels domaines que le transport, les services, la recherche.

left: Danny King, right: Jean Marie NadeauDanny King, vice-président et président du Comité environnemental, et 
Jean Marie Nadeau
, de la Fédération du travail. Les membres sont très frustrés par le manque d'emplois. On ne sait pas s'il y a assez de fibres dans les bois pour commencer quelque chose de neuf, on craint qu'il pourrait très bien y avoir un effondrement de l'approvisionnement dans 15 ans. Nous sommes une coalition de groupes environnementaux, de naturalistes et de travailleurs, et nous demandons au gouvernement de tenir des rencontres publiques. Tout d'abord, l'industrie vous a soumis sa liste de souhaits pour le futur des entreprises. Nous sommes devenus véritablement inquiets lorsque nous nous sommes aperçus que les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry décrivaient à peu près la même chose que leur liste de souhaits : doubler les coupes annuelles, plus de plantations et il paierait à condition que le bois leur appartienne, de garantir le ravitaillement sinon on les paie des amendes. Nous sommes très inquiets parce que plus de plantations, veut dire plus d'infestations. Bien sur, il faut faire plus de sylviculture, il faut que nous ayons des entreprises qui forment et qui payent adéquatement leurs employés dans cette région. Et nous croyons aussi que le bois ne devrait jamais quitter la province sans qu'une grande valeur lui ait été ajoutée. Nous prévenons le comité qu'il ne doit pas laisser les compagnies investir en sylviculture parce que, suite aux accords de libre échange, les compagnies pourraient revenir en disant que puisqu'elles y ont investi ces terres leur appartiennent. Pour sa part, M. Nadeau, souhaite les emplois et la préservation de ces emplois. Comment se fait-il que les Suédois réussissent à créer 3 fois plus d'emplois pour les mêmes mètres cubes de bois utilisés. Nous sommes dans une période de transition, on a besoin des compagnies, elles sont les bienvenues; mais, on devrait avoir des conditions pour recevoir ces compagnies vu qu'elles récoltent des profits sur nos terres. On a besoin d'un lieu pour réfléchir et penser à notre avenir. On suggère une augmentation des droits prélevés sur la coupe. Dans l'État du Maine, les frais sont 30$ la corde, tandis qu'ici ce n'est que 13$ la corde qui reviennent au gouvernement. Il faut tenir en tête que les terres de la Couronne doivent rester dans les mains du public; il faut aussi penser aux frères et aux soeurs aborigènes et ne pas oublier leurs droits aussi. On devrait se réjouir de la jeunesse qui participe à ces audiences. On pense que plus les citoyens qui sont impliqués dans le développement de leur communauté, le mieux ce sera, c'est le développement économique durable. Les gens ont un appétit pour des responsabilités et c'est le temps qu'on vise juste, qu'on investisse dans nos propres communautés.
J-M Nadeau
- on veut des emplois et la preservation des emplois - comment ca se fait que le Suede crée 3x le nombre d'emplois pour les memes metres cubes de bois utilises? On est dans une periode de transition. On a besoin des compagnies, qui sont les bienvenues, on devrait avoir des conditions pour recevoir ces compagnies vu qu'on recolte des profits sur nos terres. On a besoin d'un lieu pour reflechir et penser a notre avenir. On suggere une corporation ..sur le stumpage. Dans l'etat de Maine, les frais sont 30$ la corde tandis qu'ici les frais sont $13 la corde qui reviennent au gouvernment. Il faut tenir en tete que les terres de la Couronne dans les mains publiques - faut penser aux freres et soerrs aborigienes et leur part aussi. On devrait jouir de la jeunessse qui fait part des ces audiences. On pense que le plus des citoyens qui sont impliques dans le developpement de leurs communautes - le mieux que c'est - c'est le developpement economique durable. Les gens ont un appetit de se responsabiliser et c'est le temps qu'on le vise, investir dans nos propres communautes.

Blair Thurrot, Conseil de mise en marché du sud-est du NB
M. Thurrot est propriétaire de boisés qui ont été gérés pour toutes les valeurs de la forêt, pas seulement pour le bois mou. On doit se rappeler que les autres bois impliquent beaucoup plus d'emplois et que leurs produits ont une plus grande valeur. La population du Nouveau-Brunswick ne peut pas être tenue responsable de l'approvisionnement en bois dans 50 ans. Maintenant, il n'y a que 6 permis pour les terres de la Couronne au Nouveau-Brunswick, dans cinquante ans, qui peut dire! Les investissements en sylviculture ont diminué. Éclaircir, planter. Et s'il faut éclaircir, ce n'est pas certain qu'il faille planter quand la régénération commence deux années plus tard. Les propriétaires de boisés privés ne devrait pas être en concurrence avec les terres de la Couronne qui chargent trop peu aux grandes compagnies. Ce sont les seuls six détenteurs de permis qui ont droit à la grande majorité des terres de la Couronne. Et les grandes entreprises viennent de demander un approvisionnement garanti. L'industrie vient de passer 20 années à gérer les terres publiques, maintenant elles veulent plein contrôle. Mais, les opérations forestières pourraient être gérées localement et fournir des emplois locaux. Si nous avons besoin des entreprises, nous avons certainement besoin d'une utilisation équilibrée des terres de la Couronne. Idéalement, nous avons besoin de quelque chose qui serait acceptable à la fois aux propriétaires de lots privés et aux entreprises. Les droits de coupe ne sont pas équilibrés; les entreprises payent moins de droits de coupe que les propriétaires de boisés privés, et ainsi on conserve les prix payés aux propriétaires de boisés à la baisse. La pâte et le papier, c'est une industrie importante mais nous n'en tirons pas les bénéfices en dehors des quelques emplois disponibles. Nous ne participons que très peu dans la transformation du bois et nous n'ajoutons que très peu de valeur au bois nous-mêmes alors que ce sont les secteurs où nous gagnerions des revenus pour la province en plus de créer beaucoup plus d'emplois ici au Nouveau-Brunswick.

Kevin Forgrave, du conseil de mise en marché du comté Northumberland et de l'Association des propriétaires de boisés privés du comté de Northumberland. Tout d'abord, M. Forgrave annonça qu'il allait parler de la gestion des forêts dans le futur, de sa réaction au rapport Jaakko-Pöyry, des impacts négatifs et des choix pour les propriétaires de boisés. Il est d'abord important de bien comprendre qui sont les propriétaires des forêts : 50% des forêts sont sur les terres de la Couronne, 30% appartiennent aux entreprises et 20% restent pour les boisés privés. Tout le monde est pour l'accroissement de la productivité dans les entreprises, en encourageant des utilisations multiples pour la forêt : mais que ce soit pour les activités récréatives ou pour les activités industrielles, il est nécessaire de mettre en place des pratiques écologiques pour que ces forêts soient encore ici dans le futur. Nous n'investissons pas dans nos forêts comme nous investissons dans l'éducation des jeunes. Et ce devrait être toujours les propriétaires qui ont la mainmise sur ce qui se fait sur leurs terres; dans le cas des terres de la Couronne, c'est le gouvernement à qui les terres ont été confiées pour les bénéfices des citoyens. Oui, à la sylviculture. En 1982, la loi sur les terres de la Couronne a confié la gestion des terres de la Couronne à l'industrie avec première source d'approvisionnement aux propriétaires de lots privés. Mais en 1992, la première source d'approvisionnement fut retirée. Nous, les propriétaires de boisés privés, avons aussi besoin d'une stabilité dans nos marchés. Pour ce qui en est avec le rapport Jaakko-Pöyry, puisque nous soutenons les efforts en sylviculture, nous ne pouvons être d'accord avec le doublement des approvisionnements en bois des grandes entreprises parce que cela va signifier le doublement de l'utilisation des herbicides et cela aura des effets négatifs sur d'autres entreprises, plus susceptibles aux insectes et aux maladies. Nous sommes aussi inquiets de la direction suggérée concernant les objectifs d'approvisionnement, l'approvisionnement en bois est présentement maximisé et nous rencontrons les autres objectifs. Pour ce qui est du niveau d'emploi au ministère des Ressources naturelles, nous sommes d'avis que l'on devrait plutôt accroître le personnel. L'industrie ne devrait pas avec la main haute sur les terres de la Couronne, les propriétaires devraient l'avoir. Et une tierce partie, employée par les entreprises n'est pas une solution acceptable. Nous recommandons donc d'accroître la sylviculture, de ramener la principale source d'approvisionnement pour les propriétaires de boisés privés, de ne pas doubler l'approvisionnement en bois des grandes entreprises, en somme nous devons conserver la mainmise sur nos forêts. Et de plus, la foresterie communautaire est une idée qui doit être exploitée.

Stan Knowles - présent aux audiences pour faire valoir comment les grandes entreprises sont importantes pour les petits commerçants. Le secteur forestier est à la base de mes activités; si je veux investir et grandir, la question de l'approvisionnement en bois doit être résolue. Un meilleur approvisionnement est nécessaire. Nous n'avons pas accès au gaz naturel et nous retardons ainsi les grandes entreprises et nous perdons le secteur minier. Notre meilleure ressource doit être gérée pour satisfaire les besoins de tous.

John Henry Paul, représentant 
la nation Mi'maq de Red Bank.
M. Paul a étudié la foresterie et est un travailleur forestier. Tout d'abord, M. Paul commença en disant : " Les Mi'maq sont très inquiets de la condition de nos forêts. Quand les industries veulent des épinettes, elles plantent des épinettes, et si elles veulent des pins, elles plantent des pins. Nous avons vécu pour des milliers d'années et nous n'avons jamais porté atteinte à leur valeur. Maintenant on nous dit que cette compagnie est nécessaire et la forêt disparaît. J'ai voyagé pendant six semaines dans cette région et les terres ne me paraissent pas en bonne santé. " J'ai vu des coupes à blanc.! Le ministère dit qu'il faut tout couper à blanc pour ensuite replanter. J'ai vu les clones à Kingsclear et les plantations. Mais a-t-on pensé à ce que tout cà aura comme conséquences sur les animaux, sur les autres arbres, sur les plantes et les insectes. Des gens font quelques centaines de dollars en plantant des arbres, des peanuts pour les entreprises. En dehors de la lisière de beauté le long des routes, rien que des coupes à blanc. Qu'est-il arrivé à tous les autres types de bois, où habitent les animaux? Ils sont entassés dans les zones tampons, le long des autoroutes et des rivières. J'ai aussi vu des petites compagnies recevoir de fortes amendes et les grandes de très petites en comparaison. Nous avons créé quelques emplois à bas salaires pour les planteurs, moins d'emplois pour ceux qui travaillent sur des machines à de meilleurs salaires. Notre Première Nation peut couper 5 000 cordes par an avec 85 travailleurs, certainement pas suffisant pour nous soutenir économiquement, tout juste assez pour les allocations de chômage. Nous sommes en compétition avec les entreprises, les Premières Nations ont demandé de couper du pin, mais on ne peut le couper, ce n'est pas dans le plan de gestion des entreprises. Ou bien on le laisse sur place, ou bien on le donne à couper à d'autres, juste pour nous défier. On voit le peuplier coupé et expédié au Maine, la où Weyerhauser veut du peuplier et ne peut pas en avoir assez, mais il ne paye pas un bon prix malgré tout. La forêt a survécu des millions d'années sans votre interférence.

Jean-Guy Comeau - président du Comité pour la foresterie communautaire.
M. Comeau est impliqué dans la promotion de la foresterie communautaire et cela lui a permis de voyager dans tous les coins du Nouveau-Brunswick. On parle de participation du public dans le rapport Jaakko-Pöyry mais on assume que les forêts du Nouveau-Brunswick sont en bon état. M. Comeau a alors fait visionner une partie du film " Un fidéicommis public " démontrant que tout ne va pas pour le mieux sur les terres de la Couronne. Il y a seulement six multinationales qui détiennent des permis de coupe sur nos terres publiques; 2 de ces compagnies, Irving et UPM Kymene détiennent les droits de gestion des deux tiers des terres de la Couronne. Il y a des problèmes sur ces terres comme il existe aussi des occasions, comme la foresterie communautaire. Suite à la récente conférence tenue au Québec à ce sujet, la seule porte de sortie pour la population est que la mainmise sur les terres de la Couronne lui soit remise. La foresterie communautaire a démontré qu'elle était capable de contribuer à la stabilité économique locale, à la santé locale, l'argent circule dans la localité, et les potentiels de production de produits de bois à haute valeur ajoutée se multiplient. Et quand vous devenez capable de soutenir vous-même et votre communauté vous êtes moins dépendant des maigres générosités des services sociaux. Il y a plusieurs forces qui militent pour le maintien des écosystèmes. Gestion communautaire répond à la demande du public de participer au processus décisionnel. En Allemagne, par exemple, en 1853, la foresterie communautaire a débuté tout d'abord à remettre la forêt en santé en utilisant la foresterie communautaire. Les coupes sélectives sont utilisées partout, la coupe à blanc maximum permise est d'un hectare, soit 100 mètres par 100 mètres. Vous coupez plus et vous vous retrouver en prison. La foresterie communautaire se pratique partout et même ici au Canada. Mais il est nécessaire d'obtenir le soutien du gouvernement, par exemple en Allemagne encore une fois, c'est la population qui décide du futur de leur forêt. Les travailleurs du bois font de bons revenus et cette profession est bien acceptée et respectée. Il existe donc des scénarios alternatifs au type de foresterie pratiquée présentement au Nouveau-Brunswick. Les avantages de la foresterie communautaire résident dans le pouvoir de décision local dans la communauté. Il existe déjà des communautés forestières au Québec, en Ontario, et en Colombie-Britannique mais ce type de foresterie ne peut réussir si ce sont les entreprises qui participent aux décisions. Une forêt appropriée débute avec un plan de gestion et environ 500 à 1500 acres. Vous devez aussi démontrer que vous avez les compétences nécessaires, un plan de gestion pour 25 années. Votre forêt aura aussi des sentiers pour la marche, qui augmentent aussi la valeur au boisé. Le bois récolté resterait disponible localement avec des mécanismes appropriés de prix équitables. (Applaudissements)

Christopher Ridley-Thomas, vice-président, KPMG 
M. Ridley-Thomas dirige les certifications forestières pour 3 différentes normes, et il fait tout ce travail pour J.D. Irving au Maine et dans les Maritimes.  Ils préparent aussi des ensembles de règlements pour la sylviculture et ils évaluent les travaux d’amélioration et les structures de gestion pour améliorer graduellement la forêt.  La certification permet le partage des informations et la possibilité de réduire les chevauchements des certifications et des vérifications.  La certification ISO 14,000 a démontré qu’un cadre d’amélioration continue peut aussi bénéficier au ministère des Ressources naturelles.  L’adoption d’un rigoureux cadre de gestion du risque sur le terrain garantira aussi que les autres valeurs de la forêt seront considérées.  M. Paulin a demandé si jamais une entreprise avait échoué sa certification.  « Certainement, mais on ne fait pas de publicité à ce sujet.  Mais les entreprises reçoivent un plan de redressement pour améliorer leur entreprise. »  Ils ont aussi évalué des forêts communautaires et toutes celles qu’ils ont vues utilisaient de l’équipement de récolte mécanique.  Il existe une variété d’interventions dans ces boisés aussi.

Ken Hornibrook, président du conseil de mise en marché des produits forestiers de la Côte nord, directeur du district 6. Les membres du conseil de mise en marché sont d'accord avec le principe de faire pousser plus de bois sur les terres de la Couronne, mais après avoir récolté la matière première par coupes sélectives seulement. Les terres privées devraient être traitées de la même façon. On devrait aussi pouvoir récolter le bois dans les zones protégées afin que l'on ne gaspille pas de bois. La source première d'approvisionnement devrait être mise en place aussitôt que possible. La surexploitation actuelle est le résultat d'un fouillis au profit des grandes entreprises qui leur donne le pouvoir de dicter les prix. De bonnes pratiques de gestion sont essentielles. Une grande partie des réserves de bois ont été coupées durant ces dix dernières années. Les conseils de mise en marché devraient avoir le pouvoir d'imposer une réglementation! Nous avons besoin d'une loi pour enregistrer et accorder des permis aux entrepreneurs, et selon la grandeur de l'approvisionnement en bois permis, pour allouer d'une façon équitable les portions d'approvisionnement à chaque entrepreneur. Le conseil de direction a acheté une pépinière à Madran qui a créé 30 emplois et qui a grandement contribué à la formation des enfants et des travailleurs. Nous sommes aussi en faveur de changements au système provincial actuel qui oblige les personnes âgées, qui doivent se retrouver dans des maisons d'accueil, à liquider toutes leurs possessions y inclus maison et boisé. Cette politique a pour effet de faire passer des actifs dans de mauvaises mains et de paupériser les personnes âgées. Au contraire, la politique suggérée, la politique suggérée aiderait à maintenir des terres à bois productives. Par ailleurs, le conseil de direction recommande de doubler le montant des fonds accordés à la sylviculture, afin de mettre en évidence Mère Nature là où nous le pouvons et, de replanter une forêt mixte là où il n'y a pas de régénération. Nous devrions aussi redonner la source première en approvisionnement aux propriétaires privés de lots boisés.

 

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