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Audiences publiques
du Comité spécial de l'approvisionnement en bois
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Journée 11
Miramichi
le 5 décembre, 2003


Donna Mae Perley Perley des Premières Nations de Red Bank a fait remarquer que la participation des aborigènes dans ce processus devrait être améliorer, que les membres des Premières Nations ont une perspective unique,puisqu’ils ont vécu ici pendant des milliers d’années sans jamais détruire la forêt.  « Développement durable »,est une expression souvent utilisée pour décrire l’industrie forestière, mais cela ne signifie certainement pas doubler la récolte ou le rendement, ni cultiver des plantations.  Les plantations affaiblissent la structure du sol, ce qui aurait des répercussions sur tous les écosystèmes de la forêt.  Les plantes médicinales, par exemple, vivent en communauté dans la forêt et pour croître, elles ont besoin de tout, des microbes jusqu’aux arbres.  D’autre part, les arbres sont un élément stabilisateur et protecteur dont on doit tenir compte avec les changements climatiques.  Le développement durable est inclusif et tient compte de tout le monde, de tous âges et de toutes préoccupations,  des jeunes aux aînés, des femmes,des immigrants, pour apprendre leurs points de vue et leurs besoins.  On doit aussi tenir compte du point de vue spiritue.  Les aborigènes voient dans la forêt plus que ses arbres et les anciens enseignaient qu’il fallait vivre en harmonie avec l’environnement et de prendre soin de la Mère Terre.  Madame Perley a souligné que « notre environnement est tout ce que nous avons ».

Madame Perley a recommandé que le Nouveau-Brunswick prenne position comme chefs de file dans les efforts pour guérir la terre, et devienne un modèle de protection de la terre.  Le rapport Jaakko-Pöyry recommande au gouvernement d’investir; madame Perley suggère que ces investissements soient dirigés vers les communautés afin que celles-ci soient en mesure d’en profiter et qu’elles puissent aménager d’autres terres.  Les aborigènes considèrent l’année 1985 comme l’ « Année où la terre a parlé », en référence au nombre important de tornades,de cyclones et d’autres désastres naturels, et à la publication du rapport Bruntland, « Notre futur commun ».

Ben Baldwin, géologiste, propriétaire d’un boisé et fermier de Miramichi, se préoccupe sérieusement du futur de nos ressources naturelles au Nouveau-Brunswic; il est inquiet de la croissance continue des opérations des grandes entreprises, de la disparition des petites opérations et de la perte de l’indépendance personnelle.  Le Nouveau-Brunswick est une région d’une surface limitée avec des ressources limitées et, une surexploitation de n’importe laquelle zone limitera la durée de vie de celle-ci, même si ces ressources sont dites renouvelables.  Des coupes trop abondantes peuvent épuiser ces ressources, comme nous l’avons vu dans le secteur des pêcheries.  Il y a plus de moulins à papier au Nouveau-Brunswick que partout ailleurs au monde.  Les pertes d’emploi sont inévitables si nous continuons les mêmes pratiques.

Des solutions à la situation actuelle peuvent être trouvées dans la valeur ajoutée aux produits de la forêt et dans un usage plus complet des forêts pour la récréation et la perpétuation des espèces sauvages.  Même Shell Oil se renouvelle dans l’énergie éolienne, le secteur forestier devrait faire la même chose.  Les terres agricoles actuellement en jachère autour de la Miramichi, pourraient être utilisées pour faire pousser de la fibre.

Richard Walker, diplômé du programme de foresterie de l’Université du Nouveau-Brunswick et nouveau retraité, autrefois responsable du permis de coupe numéro 2, pour tout le nord-est.  M Walker a mentionné que 65% de toutes les terres de la Couronne du Nouveau-Brunswick sont concentrées dans le nord-est du Nouveau-Brunswick.  La loi de l982 sur les terres de la Couronne et les forêts a nommé les dix titulaires de permis de coupe, sous la supervision du ministère des Ressources naturelles.  La vision en ce qui concerne les forêts du Nouveau-Brunswick est que le ministère des Ressources naturelles gère les forêts dans l’intérêt des citoyens du Nouveau-Brunswick.

Est-ce que le gouvernement a fait les efforts nécessaires pour éduquer le public sur les pratiques forestières?  M. Walker croit que le citoyen moyen ne fait confiance ni au gouvernement ni à l’industrie.  Les propositions du rapport Jaakko-Pöyry sur les terres de la Couronne sont directement contraires à la stratégie du ministère des Ressources naturelles qui favorise la régénération naturelle.  Les plantations, même avec l’introduction de nouvelles espèces, sont encore de monocultures dans toute la structure forestière.  Le ministère des Ressources naturelles améliore les arbres génétiquement et on dit qu’ils en sont arrivés à améliorer le volume de 10%; cependant, tôt après la plantation, la régénération naturelle commence à rivaliser et aussitôt, des herbicides doivent être appliqués, encore et encore.  L’épandage des herbicides réduit le potentiel de croissance du bois dur.  Si les recommandations de doubler les plantations étaient acceptées, il n’y aurait aucune croissance du bois dur sur 40% des terres de la Couronne, mettant ainsi la biodiversité en bas de liste; les coûts de plantation par acre sont de 700-800$, sans compter le coût des herbicides, habituellement de 600$ par acre.  La formation d’équipes de sylviculture devrait aussi être une priorité; manifestement, la régénération est plus économique et de plus entretient la biodiversité.

Le rapport Jaakko-Pöyry propose d’accroître la récolte et compare le Nouveau-Brunswick à la Finlande; mais à quels coûts pour les écosystèmes et la biodiversité naturelle; les Finlandais ne se sont vraisemblablement pas préoccupés de la valeur des autres ressources forestières.
Le calendrier des coupes a créé une sorte de patchwork dans la province, les routes forestières couvrent la plus grande partie de la province.  En regardant sérieusement les cartes :  « Où pourrons-nous couper (l’épuisement et la défragmentation se reconnaissent facilement) au cours des cinq à vingt prochaines années en préservant la valeur des autres ressources forestières? » a-t-il demandé.
De plus, la proposition Jaakko-Pöyry aggrave l’épuisement de nos forêts avec les plantations proposées et la coupe dans les zones tampons et les refuges des chevreuils.

Zones de gestion spéciale, où la coupe est permise sur une base restreinte :   il semble qu’il y a de la confusion lorsque Jaakko-Pöyry se réfère à « 32% de régions protégées qui constituent 3% »!  M. Irving se trompe en mentionnant dans les journaux que « la province a bloqué une énorme quantité de terres. » Elles ne sont pas bloquées!
Jaakko-Pöyry suggère de réduire la surveillance du ministère des Ressources naturelles en comparant l’Ontario et le Québec, de vastes étendues à peu près inaccessibles, au Nouveau-Brunswick.  Le ministère des Ressources naturelles doit continuer sa surveillance.  M. Walker a insisté sur le fait que certains détenteurs de permis de coupe ne font pas un travail adéquat :  des 10 compagnies initiales, quatre ont rencontré les normes, trois ne les ont pas rencontrées et trois autres n’ont pas obtenu la prolongation de leur permis.  À ce jour, les détenteurs de permis n’ont pas gagné le respect nécessaire pour faire leur propre auto-surveillance.
Jaakko-Pöyry demande qu’un objectif d’approvisionnement en bois soit établi.  Ceci équivaut à exiger une garantie d’approvisionnement de poissons pour les cinquante prochaines années.
En conclusion, nous n’avons pas encore atteint le but visé par notre ministère des Ressources naturelles.  Le rapport Jaakko-Pöyry est contraire au plan du ministère et nous sommes intimidés par les entreprises.  Nos coupes sont déjà trop abondantes aujourd’hui, nous sommes rendus au maximum; nous ne pouvons continuellement éroder cette base, il ne nous restera plus de forêt.

Norman Richardson, petit entrepreneur, de Little Bartibog.
Comme l’industrie forestière n’avait pas de place pour nous, nous avons été obligés de couper n’importe où seulement pour survivre.  M. Richardson pourrait travailler tout au cours de l’année seulement pour nettoyer les dégâts laissés par l’industrie.  Par exemple, les routes ont 66 pieds de large et des arbres entiers en longueur de huit pieds reposent dans les fossés le long des routes, mais vous ne pouvez pas obtenir un permis pour nettoyer ces bois.  Contrairement à ce qu’il a entendu, il croit que les scies à chaîne pourraient fournir tout le bois nécessaire aux moulins et le travail nécessaire aux gens.  Les coûts du reboisement sont perdus alors qu’on devrait laisser la régénération naturelle faire son travail.  Les forêts mixtes sont une meilleure protection contre le vent, les tempêtes et les insectes.  L’industrie forestière craint que le gouvernement favorise les communautés forestières :  c’est pourquoi le bois est coupé juste derrière ces communautés.  M. Richardson vit à Little Bartibog où la coupe se faisait 24 heures par jour, même que ça le tenait éveillé.  Il n’y aura jamais assez d’arbres pour alimenter l’industrie.  Il a craint que le ministère des Ressources naturelles travaille main dans la main avec l’industrie, et redoute qu’il soit davantage intéressé à s’en prendre aux petites gens.  Par ailleurs, les droits de coupe ne sont pas payés par les grandes entreprises.  Quelques grosses entreprises coupent encore sur les terres de la Couronne, en dépit du fait qu’elles ont commis de multiples infractions et qu’elles n’ont pas payé leurs droits de coupe.  Les individus sont taxés et on ne leur donne pas droit aux terres de la Couronne.

** Recommandations :  Faire enquête sur les coupes mécaniques qui doivent cesser sur les terres de la Couronne à moins de cinq milles des communautés.  Si on n’arrête pas la coupe aux alentours des communautés, il ne restera plus de forêt pour la génération à venir.
M. Richardson dit qu’il aime être dans les bois, il a eu d’autres emplois, mais qu’il aime ce travail.

Mark Standring, Collège communautaire de Miramichi.  Le département des ressources naturelles du collège s’occupe de la formation d’environ 5000 travailleurs forestiers dans cette région.  Il a donné des statistiques en hectares sur les zones de gestion spéciale : réserves écologiques, zones de conservation, zones représentatives protégées, parcs, marais, zones d’hibernation du chevreuil et zones tampon.  M Strandring a ensuite parlé des zones des terres de la Couronne et des terres privées qui ont été reboisées ou éclaircies.   En fait, on coupe autant de bois sur les terres de la Couronne que sur les terres privées.  Il a ensuite décrit les programmes de foresterie qui fournissent les compétences et les connaissances les plus récentes aux travailleurs de la forêt et les cours de courtes durées qui améliorent leurs habiletés.  Il a fourni une explication approfondie les cours offerts.

Kevin Silliker, entrepreneur mécanique chez UPM-Miramichi, a parlé au nom des transformateurs et des opérateurs.  Il possède une entreprise familiale.  Il gère des opérations de « stump to dump », trace les routes, les construit et les livre.  Les réunions d’équipe traitaient autrefois de feu et de sécurité, maintenant, c’est de biodiversité, de certification et d’autres sujets dont on parle.  Pendant les saisons mortes, au printemps, ils reçoivent des cours, des cours de premiers soins,sur les WHYMS et à se familiariser avec les nouvelles lois, afin de se tenir à la « fine pointe ».  Il n’est pas d’accord que les entreprises détiennent plein contrôle :  il est dans les bois.  Il veut faire partie intégrante d’une province qui va de l’avant.

Bob Baker, de l’association de protection de la Nepsiquit.  M. Baker soutient que le rapport Jaakko-Pöyry semble être rempli de déclarations à grands traits et qu’il favorise l’industrie du bois mou.  Pourquoi ne pas augmenter la valeur ajoutée dans la région, en utilisant moins de bois et en y ajoutant plus de valeur, créant ainsi plus de travail par unité de bois a-t-il suggéré.
On prétend que les zones de gestion spéciales représentent 32% - c’est faux.  Seulement 3% sont encore disponibles pour la coupe; une zone considérable est constituée de zones tampons, essentielles pour la protection des ressources aquatiques, autant que pour la chasse et la pêche.  Seulement la coupe sélective peut prendre place, afin de protéger l’eau pour la forêt elle-même.  Ceci semble être un rapport au détriment des réserves futures de bois.
Une moins grande implication du ministère des Ressources naturelles est proposée dans le rapport Jaakko-Pöyry, c’est un peu comme donner le poulailler au renard.  Nous, de l’Association de protection de la Nepsiquit, insistons pour que le ministère des Ressources naturelles demeure le surveillant des grandes entreprises.
Comparer l’Ontario et le Québec, comme il a été fait dans le rapport Jaakko-Pöyry, alors que les deux ont des forêts boréales alors que nous avons une forêt acadienne mixte, n’est pas une comparaison valable.  Nous avons besoin que toute notre forêt se porte bien.  La proposition d’avoir un objectif d’approvisionnement aurait pour résultat que les gens soient forcés à payer pour les désastres naturels et la mauvaise gestion!  Les forêts de la Couronne sont la propriété des gens de la province; nous devons faire de notre mieux pour les gérer là où on peut exercer un contrôle.  Avec les changements climatiques, nous devons reconnaître qu’il y aura une plus grande réserve de bois et aussi plus de bois durs.

Alonzo Saint-Pierre, directeur, Coopérative des travailleurs forestiers d’Acadie-Bathurst.  M. Saint-Pierre aimerait d’abord commenté sur le processus qu’ils considèrent biaisé, puisque l’objectif de la consultation est essentiellement axé sur une étude commanditée qui n’est pas impartiale; au contraire, cette étude a été payée par le gouvernement et les grandes entreprises et il suggère une position déjà prise et possiblement en conflit d’intérêt.  Sachant que l’étude Jaakko-Pöyry a été commandée à la requête de six multinationales qui veulent plus de bois des terres de la Couronne (compagnies qui semblent avoir un appétit insatiable), il aurait été surprenant que l’étude arrive à toute autre conclusion.
La première chose qui doit être corrigée, et qui demeure un grand irritant pour plusieurs personnes, est le fait que nous, en tant que citoyens et travailleurs forestiers, n’avons ni accès ni droit de parole dans la gestion de nos terres de la Couronne et que nos forêts sont gérées exclusivement (à part une minime participation des Premières nations tout récemment) par six corporations; ce serait un droit qui leur est accordé par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.  Cette garantie de gestion ne garantit en rien le maintien de la biodiversité des forêts ni sa capacité d’auto-régénération.  Elle ne garantit pas non plus le maintien ou la stabilité des emplois.
À titre d’Acadiens vivant au Nouveau-Brunswick et ayant été privé de notre territoire pour un certain temps, la notion de territoire nous est importante.  Nous croyons que le pouvoir de décision doit être décentralisé, plus particulièrement la gestion et l’usage de la terre que nous habitons.  Nous trouvons inacceptable que nos forêts publiques, dont nous dépendons pour gagner notre vie, soient accessibles seulement par l’entremise de grandes entreprises dont le but premier est de faire des profits.
Notre coopérative a soumis un mémoire à la table ronde du ministère des Gouvernements locaux proposant l’établissement de réseaux régionaux formé de municipalités et des services locaux de districts à travers la province.  Ces réseaux régionaux auraient le pouvoir et la responsabilité d’établir et de gérer ces projets d’utilisation des terres, incluant les forêts publiques et privées, de leurs territoires respectifs.  Il existe un modèle récemment mis sur pied au Québec, juste de l’autre côté de la Baie-des-Chaleurs, où l’on a développé des politiques visant entre autres à empêcher la coupe à blanc.  Nous devrions au moins essayer un tel projet-pilote, mais jusqu’à maintenant, tous nos mémoires sont restés lettres mortes.
Avant de prendre quelque décision que ce soit, nous insistons pour qu’une étude indépendante soit faite par un groupe de responsables diversifiés.  Cette étude ferait l’inventaire des différentes pratiques, incluant celles suggérées dans le rapport Jaakko-Pöyry, et ceci partout au monde.  Une étude approfondie serait faite pour chaque pratique et prendrait en considération les pratiques forestières durables pour une ressource forestière renouvelable.
Finalement, nous voulons dire que c’est avec beaucoup d’hésitation que nous avons décidé de nous présenter à ces audiences, car nous faisons affaires avec une des entreprises impliquées dans ce rapport.  Notre coopérative a pour principe la prise en charge de notre destinée, et dans cette optique, M. Saint-Pierre a dit que sa coopérative espérait pouvoir collaborer activement à la sauvegarde de notre précieux héritage, la forêt.  

Steve Ginnish, Premières Nations d’Eel Ground, travailleur forestier depuis 20 ans, cadre chez la Forêt modèle de Fundy, président de l’Association nationale de foresterie des aborigènes.  M. Ginnish a salué ses prédécesseurs et a remercié le comité qui lui donne la chance de présenter ses préoccupations concernant le fiasco qui arrive autour de nous. 

Questions soulevées par le rapport Jaakko-Pöyry : - le rapport doit reconnaître que nous demeurons sur le territoire traditionnel de Red Bank et M. Ginnish aimerait que ce soit reconnu.

Ce dont il est question dans le rapport Jaakko-Pöyry est une piètre excuse pour un plan de développement.  Eel Ground possède déjà un plan sophistiqué pour la forêt communautaire que peu de Nouveaux-Brunswickois connaissent, mais qui est connu à travers le Canada.  Les industries font des affaires comme d’habitude, sans autorité.  D’où viennent les lois et règlements?  Qui les prépare et que signifient-elles?

Leçon d’histoire :  N’importe quel rapport provient d’une croyance ou d’une connaissance de la tradition.  La forêt représente une importante dimension spirituelle et économique pour les Premières Nations.  Toute politique a un impact direct sur la vie des gens des Premières Nations.  La politique nationale en matière de foresterie reconnaît les Premières Nations.  Mais celles-ci ne sont pas reconnues par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.  La section 92 de la Constitution canadienne de l867 a accordé des pouvoirs au Nouveau-Brunswick.  En 1982, les sections 92a et 35 stipulent que tous les régimes de gestion garantissent les droits des aborigènes.  Est-ce que le rapport Jaakko-Pöyry a tenu compte des Premières Nations?  Plusieurs personnes des Premières Nations ont remis en question les pratiques gouvernementales, et plus récemment Marshall, Bernard, Sappier et Polchise les ont défiées et ils ont gagné.  Les Premières Nations :  dans notre esprit, la loi n’a pas été respectée en permettant à une troisième partie (industrie, multinationales) de faire disparaître nos ressources naturelles.  Le Ministère des Ressources naturelles a juré tenir compte de nos préoccupations.  Nos préoccupations avec le rapport :  Le ministère des Ressources naturelles a contribué 150 000$ à un rapport qui en a coûté 500,000$.  Le rapport suggère des éclaircies et des travaux de sylviculture et il prend l’Ontario comme exemple alors qu’en fait, ce qu’ils ne mentionnent pas c’est que l’Acte sur la foresterie de l’Ontario reconnaît le Traité et les droits des aborigènes (le rapport Jaakko-Pöyry aurait dû citer l’acte en entier, pas seulement une partie).  Les fonds publics ont été utilisés pour accomplir des choses, l’audience des troisièmes parties, et lorsque vérifiés de visu, les faits cités n’existaient pas ou n’avaient pas été accomplis.  Certification : un besoin pour seulement 10% d’inspection peut engendrer de la mauvaise gestion de 90% du territoire :  c’est inquiétant, M. Ginnish l’a vu.

Le prix du bois varie tellement d’un bout à l’autre de la province, ce qui favorise l’exportation de bois brut (qui n’a pas été transformé au Nouveau-Brunswick.)  Il faut établir un prix du marché équitable pour tous.

Pourquoi devrions nous mettre de côté nos ressources au profit d’une compagnie (qui a changé d’administration de si nombreuses fois au cours des vingt dernières années que je ne suis même plus certain de son nom) et qui n’est pas assurée d’être ici encore dans 10 ans?  Ce n’est pas du développement pour cette région.  Nous aimerions recevoir quelques redevances sur ce que nous considérons comme notre investissement.

Eel Ground possède une forêt communautaire modèle qui est un succès énorme.  On a demandé à Eel Ground de développer une onzième forêt modèle, pour ce faire, il fallait 100,000 Ha pour lui permettre de continuer.  Les deux objections sont provenues de la province et des propriétaires de terres à bois.  Nous avons donc perdu la chance d’amener des millions de dollars parce que le ministère des Ressources naturelles ne croyait pas qu’il y avait de place pour deux forêts modèles. 

Malgré cela, nous avons maintenant un projet de cinq millions de dollars qui emploie dix personnes pendant l’hiver et jusqu’à 65 personnes en été; nous avons un petit moulin à scie et une communauté de 700 personnes.  Plusieurs prix de reconnaissance ont été accordés à cette forêt communautaire.

Carman Bryenton, Miramichi, contrôleur à la retraite de l’industrie de la pulpe et du papier.
M. Bryenton a recommandé la diversification,et des industries à haute valeur ajoutée.  Il a fait ressortir que le projet Jaakko-Pöyry propose le plus grand dommage sans humains à la forêt et à l’économie jamais conçus au Nouveau-Brunswick.  Les risques et les impacts sur les secteurs social et économique, les changements dans la diversité biologique de notre forêt en épinette et en sapin ne permettant pas la diversité des produits et causent la disparition éventuelle de l’industrie de nos petits moulins à scie.  Ces changements seront dévastateurs.

Obliger le gouvernement à payer si le bois venait à manquer est inacceptable.

Appliquer le plan de sylviculture proposé réduit la forêt, la rend moins résistante; c’est une recette pour engendrer une catastrophe sociale et environnementale.  La certification ne devrait jamais remplacer les politiques scientifiques et morales formulées par voie démocratique et basées sur le bien commun?

M. Bryenton a rappelé les valeurs de la stratégie nationale concernant la foresterie.
Fournir un mécanisme à la foresterie communautaire conçu par la population locale pour la population locale implique que les aborigènes élargissent leurs horizons.
Donner une place aux plus petits opérateurs et travailleurs forestiers.
Le chômage dans le nord-est est environ quatre fois celui de la région de Moncton et deux fois la moyenne nationale.

Nous ne pouvons pas pratiquer une coupe de liquidation.  Regardez les photographies satellites des 30 dernières années.  Depuis l’intervention mécanique des multi-fonctions, plus de traces ont été laissées en 30 ans qu’en 30,000 ans auparavant.
Insister sur le recyclage :  extraire les ressources les plus utiles au Canada.  Noter que le recyclage n’a pas été mentionné dans le rapport Jaakko-Pöyry.
Ajouter de la valeur au bois et aux autres produits :  produits de santé et soins personnels, nourriture, paysage, et produits de jardinage.
Les frais de coupe doivent être augmentés.
Les corporations sont devenues plus intimidantes et font un lobbying plus intense.
L’accès pour tous les travailleurs nécessite de l’attention :  la présente répartition de la forêt empêche cela.
Les terres à bois privées doivent être retenues comme réserve primordiale.
Nos forêts de la Couronne doivent retenir la diversité des espèces pour assurer l’écosystème riche et résistant dont nous avons été bénis.
Les forêts ne doivent pas devenir comme deux de nos ressources : le poisson pêché en trop grande quantité et le gaz naturel que se sont approprié les multinationales.
Rejeter le rapport Jaakko-Pöyry en totalité et faire faire un projet au Nouveau-Brunswick.  Plus gros ne veut pas nécessairement dire meilleur pour le Nouveau-Brunswick.

Lee Johnston, Entrepreneur en sylviculture, aimerait parler du rapport Jaakko-Pöyry du point de vue d’un entrepreneur.  Demander au gouvernement, à l’industrie et aux citoyens de s’asseoir et de discuter de ce rapport.  Enfin, donner aux entrepreneurs et aux autres travailleurs forestiers une place dans la forêt.

Mira Chiasson et Jessica Ouellette – nous serons encore ici dans cinquante ans et quantité de gens n’y seront plus.  Elles ont présenté leur point de vue de ce qu’elles aimeraient voir dans cinquante ans :  une forêt en santé, une place magique et merveilleuse qui nous fait relaxer et aimer la vie.  Dans des grandes plantations, détruiraient-ils les places où vivent les grenouilles et les crapauds?  

Wayne McAvoy, Miramichi, travailleur forestier, petit entrepreneur, opère une opération où l’on utilise des scies à chaîne.  « Je suis allé travailler dans les bois avec mon père, avec des chevaux.  Nous avons fait des coupes à blanc, mais un arbre commercial mesurait douze pieds de long.  Une année, nous avons fait un bloc complet de coupe à blanc, c’était il y a quarante ans.  Ça prend soixante ans à un arbre pour atteindre sa maturité; laisser des arbres ramène ça à 35 ans. »
Il travaille sur des terres à bois privées.  « J’ai terminé aujourd’hui un bloc d’éclaircies pré-commerciale,ce qui signifie qu’on retire les arbres malades et quelques bons arbres.  Il n’est pas nécessaire de planter, pas de frais encourus là. »  Foresterie communautaire : il serait d’accord avec ça.  Il est d’accord avec les gens qui disent qu’il y a de la coupe près des communautés.  S’il avait accès à plus de terre, il pourrait faire travailler plus de gens.
Il s’est rappelé du temps où il y avait 25 entrepreneurs qui avaient tous une quantité d’employés.

Michael LeBlanc, Sainte-Anne-de-Kent.  Il aime le Nouveau-Brunswick, le mélange culturel et l’histoire naturelle de cette province, et les historiens et les artistes qui les premiers ont décrit la biodiversité et la richesse de ce territoire.  Nous avons un problème toutefois, nous ne savons et ne pouvons même pas estimer le nombre d’espèces ici.  Mike décrit la routine, les besoins et l’habitat des balbuzards (aussi grand qu’un humain, ici chez nous!) qui seront de retour ici en avril; mais la forêt ne sera plus ici si les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry sont mises en pratique.  Le grand duc, un prédateur, vit des petits animaux; il vit dans les nids du balbuzard mais s’enfuit quand les balbuzards reviennent.  Le grand duc vit partout dans la forêt acadienne et il souffrira à cause des activités humaines.  Les mésanges à tête noire vivent toute leur vie dans la même région, partout au Nouveau-Brunswick, il a besoin d’une forêt mixte et mange une grande variété de graines provenant des arbres.  Ces oiseaux seraient menacés par la mise en œuvre des recommandations du rapport Jaakko-Pöyry et mon fils – générations futures – qui découvre la richesse naturelle du Nouveau-Brunswick, est ici pour vous dire qu’il est très inquiet concernant le futur du Nouveau-Brunswick.

Robert Tozer, propriétaire, et J.D. Woods, Groupe Acton, produits de bois manufacturés, Miramichi et Napodogan, utilisent presque exclusivement le tremble pour les produits de placage de haute qualité.  Il est essentiel que nous ayons accès aux trembles des terres de la Couronne afin d’assurer la viabilité de notre entreprise.  Ils ne sont pas ici pour critiquer le rapport Jaakko-Pöyry.  Ils sont ici pour dire que nous ne pouvons perdre de vue nos riches et merveilleuses forêts de bois.  Les bois durs poussent bien ici, le tremble particulièrement, et il n’est pas nécessaire de planter ici.  Le besoin d’une forêt bien gérée est vital pour la viabilité du Nouveau-Brunswick, et a créé des milliers d’emplois.
Il n’est pas correct de permettre qu’un arbre de grande qualité soit regroupé avec des produits de valeur moindre.  Si nous, les Nouveaux-Brunswiskois, ne donnons pas la place à cette industrie d’avenir, de grande valeur et à haut rendement, nous passons à côté d’une chance en or.

Steeve Miousse, Coordinateur du comité de gestion environnementale de la Pokemouche.  Il est particulièrement inquiet concernant ce rapport.  
La biodiversité :  Doubler la coupe de sapins et d’épinettes n’est pas une solution économique pour le Nouveau-Brunswick.  La grande industrie utilisera des robots de  plus en plus grands et emploiera de moins en moins de gens.  Cette situation fait penser à la pêche il y a vingt ans, quand il a été dit que la ressource était renouvelable sans limite.  Les résultats d’une surexploitation de la forêt sont hautement négatifs.

Commentaires sur les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry :

1)       Le gouvernement devrait investir dans la sylviculture :  ce n’est pas le rôle du gouvernement d’investir dans l’industrie.

2)       Il y a trop de chevauchement dans les activités de surveillance.  Non, nous devrions voir plus de gardes forestiers dans la forêt afin de s’assurer que les lois gouvernementales sont respectées.

3)       Couper dans les zones tampons : Non, s’il y a quelque chose, les lisières devraient être plus nombreuses.

4)       Faire deux fois plus de plantations : Non.


Maryse Allain-Robichaud, représentant l’Association du bassin versant de la Tabusintac qui existe depuis 1998 dans le but de réaliser un écosystème en santé qui tient compte des considérations sociales, économiques et environnementales.  Le bassin versant couvre 720 km2 dont 460 km2 se trouvent sur les terres de la Couronne.  Nous aimerions que ceux qui en ont le pouvoir préservent ce bassin versant à perpétuité.

Madame Allain-Robichaud a mentionné qu’à la page 22 du rapport Jaakko-Pöyry, il est mentionné que le ministère des Ressources naturelles et de l’Énergie voulait qu’une « compagnie indépendante » produise un rapport, ajoutant ensuite qu’au moins deux personnes de la compagnie Jaakko-Pöyry    

Les Nouveaux-Brunswickois ont investi dans le secteur de la foresterie également en payant des taxes pour se recycler via l’assurance-emploi et autres programmes, comme il y a eu un ralentissement du secteur forestier.

Elle a aussi attiré l’attention sur le fait que comparer les forêts boréales de l’Ontario et du Québec aux forêts boréales du Nouveau-Brunswick, c’est comme comparer des pommes et des oranges.

Argent des taxes

Zones tampons : 30 mètres, c’est très étroit.  À la page 33 du rapport, il est écrit que la Finlande a des lois beaucoup plus rigoureuses.

L’augmentation proposée du rendement pour les zones protégées :  personnellement, je ne suis pas convaincue que l’industrie peut réussir mieux que Mère Nature.

Notre vision tient compte des aspects sociaux, économiques et environnementaux, mais ne place pas l’économie au premier plan.

Déjà il y a évidence d’une sédimentation excessive :  la coupe dans les zones tampons diminuera la production dans nos ruisseaux, restreindra l’habitat et le potentiel de reproduction des poissons.

Coupes à blanc : nous sommes très inquiets quant aux effets à long terme d’une telle pratique, et ce pour toutes formes de vie.

Charles Richard, on behalf of all forestry workers.  Government hasn't been treating workers very well - as well as First Nations, doing the same process.  Worked on Crown Land , where they forced us off.  All lands put aside for settling, not for harvesting.

Charles Richard, au nom de l’association des travailleurs forestiers.  Le gouvernement n’a pas bien traité ses travailleurs, pas mieux que les Premières nations d’ailleurs.  Nous avons travaillé sur les terres de la Couronne, ils nous en ont chassés, et les terres ont été préservées pour la régénération, pas pour la coupe.

photos par Donald Thébeau

 

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