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Audiences publiques
du Comité spécial de l'approvisionnement en bois
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Journée 12
Fredericton

le 17 décembre, 2003

Nairn Hay, gérant général de la forêt modèle de Fundy, représente 36 partenaires. Onze des membres font partie du conseil d'administration. M. Hay a expliqué l'histoire de son organisation : établie en 1992, une parmi 11 du genre au Canada, se servant d'un terrain virtuel de base en passant par des partenaires qui possèdent effectivement des lots sur le terrain. Ils utilisent le consensus pour en venir à leurs décisions et les partenaires représentent une vaste gamme d'actionnaires, allant du public en général aux propriétaires de boisés privés et aux grandes industries. Les partenaires fournissent une variété d'outils de recherche et établissent des programmes éducatifs qui s'adressent aux écoles ou au public en général. M.Hay a décrit les leçons apprises à travers leur partenariat dont deux éléments essentiels sont la confiance et la connaissance, de pair avec une éthique de formation continue. 
Recommandations : 1. Le public devrait participer à la révision des objectifs dans la gestion des terres de la Couronne afin de fournir un mandat pour l'orientation et l'ampleur des changements dans la gestion de la forêt; 2. Un fonds spécifique, soutenu par les actionnaires, devrait être développé pour la recherche et le développement des pratiques de gestion forestière applicables au N.-B. 

Robin Anderson, de Anderson Ventures Ltd, opérait autrefois un moulin à scie, et possède maintenant une compagnie qui construit et vend des équipements permettant une plus grande valeur ajoutée à l’industrie du bois.  Sa thèse est basée sur la valeur ajoutée dans l’industrie et il vend de la machinerie aux industries de grande valeur ajoutée, et il espère pouvoir remettre en place les emplois perdus au cours des quelques dernières années.  Nous devons faire plus avec moins car chaque unité de valeur produite dans un moulin à scie crée 4 fois plus d’emplois comparativement au secteur des moulins de pulpe et papier.  L’industrie de haute technologie est importante, mais nous devons aussi regarder quelles sont les ressources que nous avons au N.-B.  Nous devons voir à ce que plus de valeur soit mise sur les produits du bois de charpente autant que dans les autres secteurs, plutôt que de charger les camions et les trains de billots de bois et de les faire voyager à travers les réseaux.  Nous devons générer des affaires et les améliorer en trouvant de nouveaux produits à assembler, à manufacturer, à vendre et à exporter.  Nos produits forestiers sont sous-utilisés dans le secteur de la plus grande valeur ajoutée, et des investissements dans ce secteur pourraient même arrêter l’exode de notre jeunesse.  Nous utiliserions moins d’arbres en faisant passer l’attention que nous concentrons sur la coupe, le transport, le sciage et la distribution, sur des processus manufacturiers qui créeraient les chiffres magique 4 pour 1 comme ratio d’emploi, tel que mentionné plus précédemment.

E.W. Ted Robak, ing., RPF, professeur de gestion des opérations forestières à la faculté de foresterie et de gestion environnementale à l’UNB, aimerait donner quelques suggestions pour la future politique et la future gestion des terres de la Couronne. 

Monsieur Robak a parlé brièvement au sujet de ce qui était bon, de ce qui n’était pas si bon dans le rapport Jaakko-Pöyry, et il a souligné les lacunes et les erreurs qui s’y trouvaient.  L’accent du rapport, par exemple, se concentre davantage sur l’approvisionnement en bois d’œuvre et non pas sur sa qualité; le rapport ne comporte pas d’objectifs pour aucune autre espèce d’arbres se trouvant sur les terres de la Couronne.  Le rapport a ignoré le besoin de politiques de gestion des forêts au-delà de la simple émission des permis (c’est de toutes les terres de la Couronne et de toutes les forêts de la province dont il faudrait discuter).

Le processus de certification ne garantit pas la durabilité de la forêt.  Le gouvernement ne devrait jamais abandonné la gestion et la supervision de nos terres de la Couronne.  Nous ne devrions jamais simplement copier n’importe quelle pratique d’une autre administration sans études et planifications approfondies.  Le meilleur aspect du rapport est qu’il suscite un bon débat ouvert sur le futur et les perspectives des terres de la Couronne.  Bien que le rapport Jaakko-Pöyry soit principalement axé sur l’approvisionnement en bois des détenteurs de permis, il ne s’occupe pas très bien de l’approvisionnement en bois puisqu’il ne tient pas compte d’une bonne partie du bois de nos forêts.

Recommandations : 

  1. Un conseil consultatif sur la gestion durable des forêts devrait être mis sur pied et on devrait lui donner la responsabilité de conseiller le gouvernement sur les objectifs, les politiques, les programmes et les processus qui aideraient la province à atteindre ses propres buts dans le secteur forestier;

  2. Ce conseil consultatif soutiendrait la mise en place d’un structure cohérente et d’un processus d’établissement des buts et de surveillance des résultats de l’ensemble des forêts au Nouveau-Brunswick.  [powerpoint presentation]

M. Foran, membre du comité, a alors demandé une question sur la foresterie communautaire.  M. Robak lui a répondu qu’il est d’avis qu’il existe un potentiel pour ce type de foresterie au Nouveau-Brunswick.  Par exemple, nous avons laissé passé une bonne occasion au alentour de McAdam.  À tout le moins, on devrait considérer cette occasion, on devrait préparer une politique de développement.  Le processus de prise de décision dans ce type de foresterie est crucial et devrait être étudié.  Un groupe comprenant plusieurs des intéressés, de l’industrie jusqu’aux environnementalistes devrait être mis sur pied à titre de comité consultatif.  Le docteur Robak fit remarquer, qu’à son avis, le secteur de la valeur ajouté pourrait être encore plus productif que ce que suggérait précédemment M. Anderson. 
M. Robak souligna que nous devrions penser aux générations futures pas simplement en termes de dollars.  Les subventions fiscales sont aussi importantes pour les boisés privés.  Prenant l’Espagne comme exemple, le docteur Robak démontra que le gouvernement pourrait investir beaucoup plus pour la sylviculture des boisés privés, établir des politiques, des lignes de conduite, tout en évitant d’imposer des lois restrictives. 

Janet Blackadar, M. Sc.F., directrice, Sciences environnementales, Amec, Earth and Environmental Ltée.  Amec emploie 2 000 personnes, des scientistes en environnement et des ingénieurs, dans 90 bureaux au Canada et aux États-Unis.  Parmi leurs services, on compte la préparation d’études d’évaluation des impacts environnementaux et des études de surveillance des résultats.  Ils possèdent des expertises en gestion et en utilisation des eaux de surface et profondes.  Ils étudient aussi les permis environnementaux au Nouveau-Brunswick et ont travaillé sur tous les bassins versants qui seraient affectés par les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry.  Compte tenu de leurs connaissance des cadres réglementaires des cours d’eau et des habitats de la faune, Amec serait intéressé à évaluer les impacts sur les cours d’eau des recommandations concernant les récoltes dans les zones riveraines du rapport Jaakko-Pöyry. 

Mme Blackadar a alors expliqué le cycle hydrique pour conclure que l’eau était une ressource limitée.  Les eaux de surface par percolation aboutissent dans les aquifères souterrains.  Les zones riveraines jouent un rôle très important dans le cycle hydrique.  Ces zones consistent essentiellement en herbages et en arbres; leurs grandeurs peuvent varier mais ces zones sont classifiées selon leurs fonctions :  elles peuvent contribuer au cycle hydrique en permettant à l’eau de filtrer jusqu’aux cours d’eau, elles peuvent offrir un couvert et de l’ombre aux cours d’eau pour les poissons, elles peuvent contrôler la température des cours d’eau, les déchets de feuilles qui commencent à décomposer peuvent alimenter et servir de couvert pour les poissons, elles peuvent contrôler les inondations en absorbant l’eau durant les ondées et les débacles; finalement les zones riveraines sont aussi très importantes pour les régler la température de l’eau et pour les puits.  Bien entendu, les zones riveraines jouent un rôle de premier ordre dans l’érosion et la sédimentation.  Une fois que la fonction de contrôle de la température est perdue, il devient très difficile de remplacer autrement cette fonction des zones riveraines, les coûts et l’ampleur des travaux nécessaires sont énormes.  Une fois que la sédimentation a commencé, il est très difficile et très couteux de l’éliminer.  La sédimentation dans un cours d’eau, produite par des pratiques telles que la coupe en bordure des rivières, les coupes jusqu’au bord de l’eau, nous fait voir un cours d’eau couleur café lorsqu’il pleut.  Même si le lit de la rivière est couvert de pierres, il y a tout plein d’espaces entre les pierres où les poissons se reproduisent; si les sédiments remplissent ces interstices, la qualité de l’habitat et le nombre des espaces de reproduction pour les poissons et pour les micro-invertébrés seront réduits, modifiant ainsi leur habitat.  On utilise aussi les rivières pour aller se baigner en famille dans le but de se divertir par exemple.  Il est aussi important de se souvenir que l’eau de surface est utilisée comme eau potable, et que les coûts encourus pour filtrer cette eau sont très élevés. 

Il existe plusieurs manières de suivre et de contrôler l’évolution de près; nous devons savoir ce qui se passe en amont et en aval de la rivière ;en tenant compte de la totalité des matières en suspension, et en procédant à un échantillonnage régulier, échelonné sur plusieurs événements et à différentes locations.

Ces données sont utilisées pour noter les tendances, développer des plans de protection environnementale et adapter des pratiques aux différentes locations en fonction des facteurs ambiants.

Le contexte de la régulation de ces activités comprend la loi sur les pêcheries, la loi sur la propreté des eaux, de pair avec les directives canadiennes en matière de qualité des eaux.  Si la permission était accordée pour quelque activité que ce soit, alors il faudrait mettre en place des procédures de contrôle et il serait nécessaire d’apporter des changements à la législation. 

La surveillance et le contrôle jouent un rôle important dans le maintien de la qualité de l’eau et ultimement du cycle de l’eau en son entier.  Le laxisme coûte cher et les solutions nécessaires sont complexes.  Utiliser de la machinerie dans les zones riveraines ne serait pas rentable. 

Andrew Clark, propriétaire de boisé privé, garde forestier de formation, travailleur forestier et entrepreneur.  Il a contribué à l’établissement de l’Association des producteurs de bois de Carleton-Victoria et du comité de marketing des produits de la forêt de Carleton-Victoria.  Aujourd’hui, M. Clark parle en son nom personnel.  Il aime utiliser une phrase de Bud Bird à propos des terres de la Couronne et de la loi sur les terres et forêts de 1982, « Ça va vouloir dire gérer plus des arbres; ça va vouloir dire gérer l’écosystème de sorte que le petit producteur de bois et le petit entrepreneur forestier pourront concevoir leur avenir avec plus de confiance et d’optimisme ».  Aujourd’hui, ça veut dire gérer les systèmes de manière à ce que tous aient accès à la forêt.  Si nous apportons les changements qu’il faut aux terres de la Couronne, nous pouvons réaliser l’objectif de donner accès à tous aux terres de la Couronne. 

La loi a apporté quelques changements positifs et quelques bons résultats; cependant,il y a eu de mauvais résultats, particulièrement depuis 1992 lorsque la source première d’approvisionnement a été retirée des mains des propriétaires de boisés privés.  Depuis lors, l’industrie a détenu les droits exclusifs sur toutes les terres de la Couronne, le système actuel étant une oligarchie (dictionnaire :  système à l’intérieur duquel un petit groupe exerce le contrôle, surtout dans la poursuite de buts corrompus et égoïstes), en permettant à l’industrie de traiter la population comme des serviteurs.  Leur dernier exercice de ce pouvoir unique a été la manière qu’ils ont exclu de la forêt plusieurs centaines de travailleurs de longue date. 

Un deuxième problème significatif est lié à l’organisation des activités de récolte.  Cette organisation est la cause d’une perte de larges volumes de bois par dendro-mortalité (des billots non prévus pour la récolte là où les arbres meurent ou le contraire, trop jeunes sont mis au calendrier des récoltes.)  Ce système est trop rigide et la prise de décisions est trop éloignée du terrain lui-même.  Le concept de maîtriser la mortalité, si c’est bien fait, voudrait dire une récolte plus complète mais moins intensive.  La récolte serait l’outil principal en sylviculture, ce qui signifie que la récolte se ferait sur une plus grande superficie, augmentant ainsi le coût global, mais réduisant les coûts de foresterie.  Les résultats et les bienfaits encourus seraient une bonne éthique, de bons habitats, la protection de la ligne de partage des eaux et de la biodiversité. 

La première réponse de l’industrie est que cela ne peut pas être réalisé à grande échelle, ce à quoi Monsieur Clark répondrait que ça prend du courage et de la perspicacité pour instaurer des changements.  Sa recommandation aiderait à résoudre le premier problème qui, selon lui, représente un conflit d’intérêts pour l’industrie de la pulpe qui gèrent les forêts pour leurs propres moulins, encourageant la croissance de bois mous, et utilisant des herbicides aux dépens des bois durs.  Les bois durs bien gérés poussent bien et possèdent une plus grande valeur (dans plusieurs cas) que les bois mous.  Deux compagnies sur quatre sont dans cette situation.  En 2001, l’auditeur général a démontré que bien que nous ayons reçu $56.millions en redevances (droits de coupe), nous dépensons plus en sylviculture et en administration. 

M.Clark a cité l’exemple de la compagnie Seven Islands Land dans le Maine, une compagnie gérée par 22 forestiers et techniciens, pour une industrie familiale d’un million d’âcres qui depuis des décades a fourni des revenus à chaque gestionnaire grâce  à cet intérêt mutuel qu’ils partageaient de se pourvoir de revenus stables.

La population du N.-B. devrait s’attendre à rien de moins de la part de leurs terres de la Couronne, un rendement durable, une augmentation des activités de foresterie, sans conflits d’intérêts, un minimum d’interférences et une pratique de surveillance et de contrôle continus, afin de voir si effectivement le travail a été fait de façon satisfaisante, ce qui rend les personnes et l’industrie responsables. 

Le gouvernement devrait aussi être prudent quant à ses sources pour se faire conseiller (les compagnies s’achètent et se revenden, (faisant ici référence aux changemenst récents de propriétaires et des noms de plusieurs grosses compagnies de papier), histoire qui nous rappelle comment les opportunistes d’après la guerre civile aux Etats-Unis s’y sont pris, où ils se sont installés pour démarrer une industrie pour ensuite quitter les lieux une fois leur argent fait.

M.Clark a cité l’UNB en exemple avec ses 3 lots boisés :  l’un coupé à blanc,l’autre laissé à lui-même, et le troisième récolté partiellemen; ce dernier s’est avéré être le plus productif à la longue.  Il a aussi décrit la découverte du mycorhyze (Association symbiotique entre un champignon et les parties souterraines d'un végétal supérieur chlorophyllien.)  La truffe forme un mycorhyze avec le chêne) et son rôle dans la croisssance d’un arbre, ce qui devrait nous enseigner un peu d’humilité.  En faisant une récolte partielle, nous maintenons la présence du mychoryze, et le volume de bois s’accroît de façon exponentielle.  Le fait que nous fassions de nouvelles découvertes à propos du système forestier est une raison suffisante pour que nous ne nous lancions pas dans le changement du paysage entier, et que nous essayions de garder une certaine perspective sur notre niveau d’intelligence comparé à ce que Dieu a mis en place, plutôt que de penser que nous pouvons gérer nous-mêmes des changements aussi dramatiques.

Aujourd’hui, en nous penchant sur l’ordre du jour de l’industrie, nous devrions adopter une vision beaucoup plus large d’où nous voulons aller, comment nous voulons le réaliser, et développer nos stratégies à partir de là.  
Le processus de régénération de la nature se fait par moments rapidement et par moments plus lentement, et nous pouvons aider les zones chemin faisant en replantant.  
Donc, tâchons d’avoir une vision de l’avenir, de nous figurer ce que nous aimerions être dans 25 ans, et de là, élaborer nos stratégies et nos plans d’action. 

Leo Hayes, du Club Envirothon, de l’école secondaire Leo Hayes, à Fredericton, et 5 étudiants ont fait chacun un bref exposé.  
Alex Bubar est un propriétaire de boisé de la cinquième génération dans sa famille.  Il a posé une série de questions relatives à l’utilisation des terres de la Couronne et à la compétition avec les propriétaires de boisés privés.  Il était préoccupé par l’idée de monocultures qui créerait de nombreux problèmes :  la disparition de la diversité écologique, la vulnérabilité aux insectes et aux maladies.  Il a affirmé que la nature règle ses problèmes en créant des variations dans toutes les espèces.  
Jen Atkinson a souligné que la partie la plus essentielle de la biosphère qui encourage une vie plus saine pour la planète et ses organismes vivants, se trouve dans l’immense variété d’arbres qui habitent dans nos forêts régionales.  Si nous choisissons d’abattre de larges superficies d’arbres, nous réduisons dramatiquement notre principal atout pour combattre les changements climatiques. Les arbres protègent les petites plantes et les animaux du soleil, de la même manière que que le sol prévient l’érosion.  Le feuillage forestier réduit le vent et le bruit, rafraîchit l’air, arrête l’éblouissement, produit de l’oxigène, emprisonne la poussière et le pollen et capte la pluie, empêchant ainsi le ruissellement domageable aux eaux, les inondations et la destruction des habitats.  Les arbres sont les moyens qu’emprunte la vie.
Natalie Comeau a commencé son discours en soulignant que le papillon Monarque et le pic-bois ne sont que deux des espèces menacées par les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry de doubler les plantations d’arbres sur 40% des terres de la Couronne.  Elle nous a demandé de nous imaginer ce que serait la vie dans une ville où tout est à portée de la main pour combler nos besoins, comparativement à la vie dans un pays où toutes les choses indispensables seraient difficiles à obtenir, utilisant cette analogie pour comparer la situation que vivent des milliers d’espèces lorsque leurs habitats sont coupés à blanc.  Elle a mentionné que le Canada était fier de sa biodiversité, mais que lorsque nous commençons à tout ruiner pour faire une piastre, c’est cette fierté nationale que nous ternissons petit à petit.  
Nous devons nous préoccuper de tous ceux qui seraient affectés si on replantaitt 40 % de nos forêts à espèces variées par des plantations du genre clonage.   
Jessi Bradley a mis l’emphase sur les bienfaits de la biodiversité dans la forêt, soulignant que le N.-B. est une des jurisdictions les plus responsables au monde en matière de pratiques forestières, ayant conservé 32% des terres de la Couronne en zones de gestion spéciale.  Le sapin baumier est utilisé en médecine, le noyer cendré est utilisé pour les huiles, le frêne de Pennsylvanie nourrit les orignaux,les chevreuils et les castors.  Le frêne blanc est un aliment important pour les oiseaux et pour les petits mammifères.  Les glands du chêne blanc frisé a constitué la nourriture de base des Premières Nations,le saule contient l’acide salicylique de base dont on se sert dans la fabrication de l’aspirin;  tous ces arbres se retrouvent dans les forêts du N.-B.  Si toute l’attention est portée sur l’épinette et le sapin baumier, cela voudrait dire placer la production de ces arbres avant tout autre usage pour la forêt, y compris les animaux.  Elle a rappelé aux panelistes que toute cause a son effet, soulignant que falsifier la biodiversité et jouer avec Mère Nature coûte beaucoup plus cher et affecte beaucoup plus de personnes que la seule industrie forestière.

Larry Lack, de St-Andrews, a rappellé à la commission d’enquête que les terres de la Couronne du N.-B. sont gardées en fiducie pour la population de la province, afin qu’elles soient gérées pour le bénéfice de tous.  Cependant, la gestion industralisée a dégradé nos forêts au rang de cours à pulpe et de manufactures de 2 par4.  Le système de permis accordé à quelques entreprises doit cessé le plus rapidement possible et remplacer par une commission indépendante à qui l’on confierait la responsabilité de gérer nos forêts dans l’intérêt à long terme de la population du Nouveau-Brunswick.  La première tâche de la commission serait  la restauration de la diversité des forêts, afin de produire des produits du bois de grande valeur et afin de profiter des bienfaits que seules une forêt naturelle peut offrir, c’est-à-dire, les bienfaits environnementaux, économiques et récréationnels.  Une plus grande emphase devrait être placé sur la mise en marché de produits à haute valeur ajoutée fabriqués directement dans les communautés où le bois est récolté.  La production de bois de chauffage de haute qualité devrait être encouragée et des systèmes de chauffage résidentiel et d’eau scientifiquement développés devraient jouer un rôle de plus en plus important dans la planification énergétique du N.-B..  Les mesures de conservation de la faune, les zones tampon et les autres méthodes de conservation devraient non seulement être maintenues mais amplifiées.  Les profits que les détenteurs de permis de coupe recherchent devraient plutôt être investis dans la restauration et l’amélioration des écosystèmes forestiers naturels pour les bénéfices à long terme de la population du N.-B..  Les futurs bénéfices économiques de la forêt devrait être investi pour consolider des emplois stables et mettre en place une équipe de gestion forestière provinciale, pour créer des occasions pour établir des manufacturiers et des pourvoyeurs ainsi que des dégrèvements d’impôt ciblés. 

Steven Hawkes de Nackawic, ancien maire de Nackawic et travailleur forestier d’expérience, a souligné l’importance de la forêt et l’histoire de l’industrie forestière.  Nackawic a gagné le prix de la Capitale de la foresterie du Canada en 1991.  M. Hawkes ancien président de la semaine nationale de la foresterie et ancien directeur de l’Association canadienne de la foresterie a exprimé son amour de la forêt mais également ses nombreuses inquiétudes concernant son futur.  M. Hawkes a recommandé que : 

  1. Compte tenu que nous avons besoin d’une forêt en santé capable de fournir un approvisionnement en bois durable avec des pratiques forestières appropriées.  Tous les intéressés devraient pouvoir s’exprimer pour atteindre un tel but.  Il faut donc établir un forum public pour receuillir les avis du public;

  2. Compte tenu que nous exportons actuellement notre bois au Maine, cette perte de fibres ne contribue pas à notre bien-être économique.  Il faut donc trouver pourquoi ce bois quitte le N.-B., et faire les changements nécessaires pour qu’il soit utilisé au N.-B.;

  3. Il faut explorer différentes façons créatives d’informer le public sur l’importance de la forêt pour notre bien-être.  Les programmes et les curriculum devraient contenir des explications sur l’importance de la forêt et de son environnement;

Les contribuables sont les propriétaires des terres de la Couronne; c’est donc raisonable que la population soit bien informé.  Les entreprises devraient mettre sur pied des sites Web pour tenir informé le public.

Il faut promouvoir la mise en place de programme créatifs :  par exemple, le livre Great Trees of N.-B.  Combien d’entre nous connaissons Christmas Mountains, un livre écrit à la main par Clement Moore, le parrain de Jonathan Odell, qui a légué le parc du même nom à la ville de Fredericton.  On devrait utiliser ce que nous avons!  Organiser des événements autour de la forêt, la base de notre économie.  Nous devrions améliorer la formation des travailleurs forestiers pour les rendre fier de leur travail.  Il nous faut plus de bois et des objectifs d’approvisionnement.  Il faut bâtir sur nos succès, apprendre de nos erreurs et agir.

Wally Stiles, député :  Nous commençons à avoir l’impression que le ciel nous tombe sur la tête,et qu’il nous faut agir immédiatement.

Allison Connell, Energie Meduxnekeag, du Comité dela  Conservation et du Développement à Woodstock, ont parlé de la notion de la régionalisation reliée à la politique forestière.  Il a dit que les biorégions, qui sont aussi des régions sociales, devraient posséder un certain pouvoir d’autodétermination.  La dissolution des comités de comté a mené à des pertes désastreuses au niveau de l’implication, ce qui a conduit à des situations comme celle dont nous avons été témoins hier, semblables aux circonstances entourant la révolution française, où les gens frappaient à la porte de la législature à cause d’une centralisation accrue, cette fois d’hôpitaux.  Une centralisation similaire a pris place en éducation, avec de plus grands districts scolaires.

L’établissement de la Table Ronde du ministre sur le gouvernement local qui a tenu des audiences en 2001, constituait une reconnaissance par le gouvernement qu’une plus grande autodétermination des régions s’imposait.

Le besoin de donner un plus grand pouvoir aux régions est énorme et va probablement devoir être redéfini selon les biorégions :les limites sont souvent basées su le principe de « laisser la nature décider » en respectant les lignes de démarcation des rivières et d’autre traits géographiques.  « La terre ne nous appartient pas, nous appartenons à la terre », dit-il, citant le chef Seattle.  Nous sommes des « habitants de la terre » faisant référence au titre du livre bien connu de Kirkpatrich Sales.  C’est toujours dans l’intérêt  de l’habitant de la forêt , notre habitation, d’entretenir sa maison.  Pouvons-nous tolérer de voir notre habitation se faire détruire au profit de conquérants étrangers? a-t-il demandé.

M. Connell soutient les recommandations de la publication intitulée « gérer les terres de la Couronne pour sept générations à venir ».

M. Connell a cité l’exemple du projet de foresterie de Revelstoke en C.-B., où l’emploi a augmenté, les dividendes sont retournés à la collectivité et où la forêt est protégée.

Il a parlé des différents types de mandats, faisant référence à la publication du Centre de Falls Brook sur les différents types de mandats :  le mandat des Premières Nations, les mandats individuels et les mandats partagés, soulignant que ces options sont ouvertes aux Néo-Brunswickois.

Il est temps de mettre fin à l’histoire du N.-B. comme étant une histoire de colonie économique.  Il semble que le N.-B. soit prêt à faire ses choix, étant donné que plein de gens vulnérables et consentants.  Il a souligné l’exemple de l’Ile-du-Prince-Edouard, tout à côté, qui est indépendante, avec sa « personnalité » autosufisante, et il a dit que nous devrions agir avec un esprit semblable au leur.

Emily McMillan, Directrice des opérations au Club Sierra du Canada - Atlantique, se dévoue à explorer, protégeret profiter des endroits sauvagessur la terre.  Le Club pratique aussi et promouvoit l’utilisation responsable des écosystèmes.

Mme McMillan a fait étatque leurs préoccupations portaient sur l’augmantation sans cesse croissante des plantations, des réserves de bois  qui nous liaient sur le plan fiscal, de la coupe dans les zones tampons, l’antithèse de tout ce que le Club incarne et trouve intuitivement mal.

Il est temps que nous allions vers des types de gestion de plus grande valeur ajoutée et à impact minimal :  la foresterie communautaire, les mandats municipaux, l’écotourisme est les produits forestiers autres que le bois de coupe.  Nous devons retrouver la plus grande valeur possible de la forêt, en maintenant les valeurs écologiques  de la forêt.

Recommandations : 

1)  Gérer en fonction de la complexité plutôt que les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry qui tendent vers la simplification.

2)  Garder à l’esprit que les lois qui gouvernent les terres de la Couronne et ses ressources sont une fiducie publique gérée pour le bien public d’aujourd’hui et  à perpétuité.

3)  Changer le système de mandats pour permettre à plus de personnes de s’impliquer activement dans la prise de décisions à propos de nos terres.

4)  Se fier à notre intuition et à tout ce qui a du bon sens, avoir le courage politique de se lever et de faire ce qui est bon pour nos forêts.  

Travis Horncastle, du lac Yoho.  « J’apporte seulement mon amour pour cette province et une ou deux opinions, et je ne passerai pas beaucoup de temps à parler du rapport Jaakko-Pöyry.  Nous pouvons considérer que l’intention de ce rapport est discutable, comme dans la négociation 101, toujours prêts à offrir beaucoup plus que ce que vous demandez, pour finalement obtenir ce que vous voulez.  Ils arrosent les bois durs quotidiennement , coupent 24 heures par jour, 7 jours par semaine;  pas surprenant qu’ils veuillent plus et demandent plus.  Citant l’exemple de la Colombie Britannique, surtout des bois mous ,et des incendies de forêts qui y ont fait rage,il a dit que c’est ce qui va nous arriver si nous allons dans la même direction qu’eux.  Les chants d’oiseaux vont disparaître…et si nous continunons dans ce modèle industriel, c’est comme percer un trou dans une ruche, les chasseurs et les coupeurs de bois…en subiront l’outrage.

Nous savons que l’industrie est en train d’acheter des peits moulins à scie.  Pourquoi?- pour avoir accès à leurs propres boisés.  Les terres de la Couronne de cette province n’appartiennent pasplus  au gouvernement qu’à aucun d’entre nous ici présents, elles appartiennent à la population de la province.  Le climat qui entoure les politiciens change, et la population tolère de moins en moins les politiciens qui agissent sans consulter la population et sans tenir compte des considérations apportées par la ppopulation.  Vous avez la possibilité de dire non, ce n’est pas à nous de négocier, ce n’estpas à nous de protéger.

M. Horncastle a parlé au sujet de Hanwell, où il a chassé avec son père quand il était encore un petit garçon.  Aujourd’hui, il peut s’y asseoir en buvant une bière et voir la ppolice arriver de loin;  pourquoi? Parce qu’il ne reste plus de forêt.  C’est à vous bonnes gens , car vous en avez l’occasion, de faire la bonne chose, de sorte que vos amis, vos familles, seront fiers de vous, et pricipalement c’est vous qui y trouverez l’occasion d’être fiers de vous-mêmes.

M. Landry, député.  Vous avez exprimé les inquiétudes de beaucoup beaucoup de personnes de cette province.

Le docteur John Crompton, de Moncton, qui est venu au N.-B. en 1983.  Il a décrit la raison d’être des zones protégées, c’est-à-dire protéger un échantillonnage d’écosystèmes autour de la province, à cause du rythme auquel la récolte prenait déjà place sur les terres de la Couronne.  Ces zones ne sont pas désignées pour protéger la faune du N.-B., elles sont trop petites.  Les zones riveraines existent pour fournir cet habitat.

Jetons un coup d’œil sur les terres auxquelles l’industrie a accès :  70% des terres de la Couronne, de même qu’un accès limité aux repères d’hiver  des chevreuils  et aux zones riveraines.

Nous devons admettre que nous coupons trop, que nous avons peu d’espace de manœuvre, et que c’est connu de touset que notre réserve d’arbres tire à sa fin.

Le rapport Jaakko-Pöyry demande des garanties de coupe;  nous voyons d’énormes camions sortir de la forêt, des populations de vie sauvages se perdre, et nous voyons les coupes à blanc lorsque nous volons au-dessus des terres.  Le docteur Crompton s’est impliqué activement dans les mouvements de protection d’espaces de forêt .  Durant cette prériiode, il a volé plusieurs fois au-dessus de la province, a photographié et répertorié les zones protégées proposées.  Il a offert d’emmener des membres du comité faire un tour de la province vue des airs. 

Pendant trop longtemps, nous avons permis à un nombre x de moulins de se nourrir d’un montant x de bois.

La population n’est pas heureuse.  Les gens qui travaillaient pour l’industrie font des représentations et se plaignent au sujet de ce rapport.  Nous devons changer notre façon de penser les bases économiques de cette province.

Recommandations :

1)  Aller vers une forme réelle de certification;  il est temps de renouveler notre partenariat et de discuter comment produire du bois certifié environnementalement, et qui provienne de forêts bien gérées.

 

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