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Audiences publiques
du Comité spécial de l'approvisionnement en bois
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> translations : au bientot

Journée 10
Fredericton
le 4 décembre, 2003 

Peter Martin, intervenant, a demandé : " Allons-nous être témoins de la destruction massive de nos ressources forestières, comme nous avons vu avec la morue du nord? " " Notre alternative : la forêt acadienne est une ressource fabuleusement riche et belle, et celle-ci représente aussi le potentiel pour une diversité d'activités économiques et de nombreux emplois. Nous devrions utiliser notre caboche pour créer plus d'emplois avec moins de fibres. " " Voilà ce que devrait être le sujet de nos discussions. " ajouta M. Martin. " Nous avons besoin d'un rapport préparé au Nouveau-Brunswick. La population est au courant de la mauvaise gestion de leurs terres de la Couronne, l'AAC a été régulièrement ignorée, la surexploitation continue, mais où sont les gardiens du trésor? " M. Martin a recommandé de mettre en branle un nouveau processus en commençant par des audiences publiques sur la gestion des forêts, on pourrait utiliser le cadre de conservation de la forêt boréale, et ainsi générer des activités économiques en laissant notre forêt debout.

Frank Caroll, maire de McAdam, Don Doherty et John Kilbride représentant le comité des intéressés du sud-ouest, ont fait une présentation sur la foresterie fondée sur les communautés, sur le modèle qu’ils ont déjà développé et qu’ils veulent mettre en place.  Pour M. Caroll, continuer avec le status quo et mettre en œuvre les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry était simplement inacceptable.  C’est le temps de changer de cap, et la foresterie communautaire est une alternative au modèle industriel actuel.  Au sud-ouest du Nouveau-Brunswick, tous les intéressés , les municipalités, les entreprises, le secteur du tourisme et des activités récréationelles appuient cette initiative financée localement et qui va encourager les valeurs communautaires, les améliorations pour la croissance des arbres, et l’entretien général d’une forêt productive, des poissons, des bêtes sauvages tout en améliorant appréciablement les revenus sur investissements.  M. Caroll poursuivit :  « Alors, modifiez la loi sur les terres de la Couronne et les forêts, il est temps de mettre en œuvre le plan de gestion St. Croix :

La mise en œuvre suivrait le scénario suivant :

  • Mise en place d’un Bureau de direction de 10 membres représentant les entrepreneurs, les associations de protection des bassins versants, les secteurs récréation et tourisme, les entreprises locales et des représentants du secteur de l’éducation.

Plan opérationnel

  • Un noyau de professionnels et de techniciens;

  • Responsable de développer un plan de gestion forestière multi-valeurs;

  • Responsable d’obtenir et de maintenir la Certification;

  • Répondre aux besoins de tous les intéressés;

Bénéfices de la foresterie communautaire

  • Pleine et équitable valeur du marché du bois sur une base mensuelle;

  • Soutien aux propriétaires de boisés privés et valeur équitable du marché pour eux aussi;

  • Garanti aux entreprises d’un approvisionnement de bois assuré;

  • Les projections financières sont conservatrices, et sont fondées sur la valeur équitable du marché et l’AAC.

M. Caroll a alors lu un extrait du discours du trône de l’an 2000 :  « Le gouvernement croit dans la responsabilisation des communautés, croit que la population du Nouveau-Brunswick devrait pouvoir s’exprimer plus directement. »

 


Maire Frank Carroll et Don Doherty

Fred Nott, président du Groupe des produits du papier et Graham Savage, économiste forestier, ont décrit leur groupe à but non lucratif, établit en 1992, pour représenter les intérêts de 285 entreprises de produits du bois transformé, et dont les ventes s’élèvent à environ 1 milliard de dollars.  M. Nott a affirmé que les politiques existantes sont uniquement axées sur l’industrie des pâtes et papiers et que le rapport Jaakko-Pöyry veut simplement que cela se perpétue; toutefois, les entreprises qui ajoutent de la valeur aux bois voudraient aussi faire partie des entreprises privilégiées.  Il a alors décrit l’industrie du bois mou et l’industrie du bois dur; la première est composée de quelques grandes entreprises vulnérables aux baisses des marchés, de vieilles entreprises, de moins en moins nombreuses au cours des ans, relativement homogènes, guidée par la quantité.  Alors que l’industrie du bois dur comprend de nombreuses petites entreprises, employant 7000 personnes, diversifiées, de jeunes entreprises, dont 60% ont été mis en place depuis 1985, elles sont de plus en plus nombreuses, complexes, utilisent plusieurs machines, moins de bois et plus d’outils par quantité de bois utilisé. 

Pour sa part, M. Savage aborda la question des politiques du ministère des Ressources naturelles :  Ces politiques devraient tenir compte de tous les besoins dans la province, en ce moment, il n’y a pas de politique concernant les entreprises qui ajoutent beaucoup de valeur au bois concernant leur approvisionnement, concernant leur promotion.  M. Savage a recommandé que l’on donne un permis virtuel pour l’allocation des bois et que l’on redirige le bois vers les entreprises qui ajoutent la plus grande valeur au bois.

Ken Thomas, travailleur autonome, forestier professionnel de Stanley au NB. 
M. Thomas est très inquiet : 
1) De la réduction génétique en général selon les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry; 
2) Les coûts : planter et s'occuper des arbres, traitements agressifs aux herbicides coûteux et en compétition avec la régénération naturelle! 
3) On subit déjà une pénurie de main d'œuvre en employés sylvicoles dont la paye et les conditions de travail sont pauvres et donc, fréquents renouvellements du personnel. M. Thomas recommande : 
a) Des initiatives qui incluent à la fois les terres publiques et les terres privées; 
b) Un plan pour maximiser les bois sur les terres privées et publiques; 
c) Le premier objectif devrait être d'extraire le plus de dollars possible de chacun des arbres récoltés; 
d) Une bonne surveillance de nos forêts, non aux réductions au ministère; 
e) Établir une compétition équitable entre les boisés privés et publics; 
f) Plusieurs endroits devraient être que partiellement récolté; 
g) Le plan à long terme devrait être d'accroître l'approvisionnement, avec des objectifs d'approvisionnement en bois équilibré avec les objectifs sociaux et environnementaux.

Lee MacPherson, Wallace Equipment, répéta qu’il fallait maintenir le statu quo et mettre en place les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry.

Stewart MacPherson, président d'Énergie NB et M. Marshall, ont affirmé qu'il existait un lien vital entre Énergie NB et l'industrie forestière. Les moulins de pâtes et papiers sont les plus grands consommateurs d'électricité au Nouveau-Brunswick. Les moulins de pâtes et papier bénéficient parfois de meilleurs taux parce qu'ils cogénèrent et que les entreprises améliorent l'efficacité de leurs opérations tout en réduisant les coûts d'Énergie NB.

Kathy Tosh, maître en sciences forestières du Conseil pour l'amélioration des arbres au NB., représentant l'UNB, U de Moncton, l'industrie et le MRNÉ, un aspect de la recherche du MRNÉ, dont le mandat est de faire pousser des arbres plus gros et plus grands en utilisant du matériel génétique, mais non génétiquement modifié, précisa-t-elle. Jusqu'ici, en 20 ans, les 400 000 arbres compris dans leur recherche ont accru leur croissance par 10%, en utilisant des méthodes traditionnelles de reproduction.

Mitch Lansky, auteur de Sylviculture à faibles effets : foresterie comme si c’était important, du centre du Maine, écrit sur la foresterie depuis une trentaine d’années.  Il a dit que le rapport Jaakko-Pöyry était le résultat de recherches négligées, sans références, ce qui soulève beaucoup de questions sur sa crédibilité.  La suggestion qu’il y a chevauchement entre le personnel du ministère des Ressources naturelles et que l’on devrait en réduire le personnel et utiliser une inspection indépendante est très discutable.  Les inspections indépendantes sont souvent qu’une simple visite, une couple de fois par année, alors qu’il fallait en réalité une inspection journalière.  Au Maine, des entreprises ont enfreint les règlements mais demeurent tout de même certifiées!  Le fait que le gouvernement paye pour la sylviculture est ou peut être un problème avec les lois commerciales internationales puisque c’est une forme de subvention et sur le plan provincial puisque ce n’est pas équitable pour les propriétaires de boisés privés.  Par ailleurs, le rapport Jaakko-Pöyry confond augmentation de la récolte avec augmentation des emplois alors, qu’en réalité, la récente histoire démontre que c’est le contraire qui est arrivé au Maine comme au Nouveau-Brunswick.  Récemment au Maine, les entreprises ont demandé des baisses d’impôts parce qu’elles ne peuvent plus rivaliser sur les marchés mondiaux.  M. Lansky a suggéré : 

1)  Qu’il vallait mieux investir pour le long terme dans les entreprises à haute valeur ajoutée; 

2)  Que les terres de la Couronne ne pouvaient pas soutenir un accroissement annuel de 15% par année.  Il a demandé :  « Qu’est-ce qui est mieux, plus de forêt boréale, avec épandages intensifs de pesticides et une rotation à tous les cinquante ans, ou un investissement à long terme à des fins multiples et des emplois dans un secteur à haute valeur ajoutée? »

3)  « À moins que le Nouveau-Brunswick change de direction, il va finir là où il se dirige!

[Supporting Document 1] [Doc 2:The Triad: Is it really win-win?]


Mitch Lansky avec le Commissionaire, à le legislature

Bob McLaughlin représentant le Comité des chasseurs inquiets du NB. Il expliqua qu'il parlait pour les chasseurs de gros gibiers, l'orignal, le chevreuil et l'ours, bien qu'il ne pouvait prétendre être la seule opinion des chasseurs. Après avoir relu le rapport Jaakko-Pöyry, il a finalement trouvé une référence sur la faune à la page 31 : " les changements dans la forêt ont favorisé certaines espèces et ont nui à d'autres. " En réalité, selon M. McLaughlin, la population de chevreuil est plus basse que les niveaux historiques dans plusieurs régions. Son comité considère les plans du MRN comme de la mauvaise gestion. En effet, lorsque le comité a demandé au MRN quelle était la raison de la diminution de la population des chevreuils, il ne le savait pas. Pour leurs parts, les chasseurs sont d'avis que la diminution est attribuable aux coupes à blanc et aux plantations chimiques. Certains ont suggéré que la conservation de la terre pourrait être gérée en échangeant des zones privées avec des terres de la Couronne. Selon M. McLaughlin échanger des marais d'aulnes, des carrières de gravelle et des trous boueux pour des habitats de gibiers n'est certainement pas acceptables!
Les recommandations du comité des chasseurs sont les suivantes:
1) Faire une étude complète des effets des recommandations du rapport Jaakko-Pöyry sur la faune;
2) Bannir l'utilisation des herbicides;
3) Les routes d'accès devraient être fermées et restreindre les incursions;
4) Faire une étude pour apprécier les effets des perturbations forestières sur les modes de migration traditionnels des chevreuils;
5) Faire une étude pour déterminer si les chevreuils peuvent survivre à l'année dans les plantations telles qu'elles existent aujourd'hui.
M. McLaughlin a demandé aux membres du comité de prendre un recul un moment et de considérer la forêt sans signes de dollars, de voir le faon se nourrir aux seins de sa mère ou un male accrochant un jeune arbre pour marquer son territoire, ou encore, tôt le matin, un majestueux orignal dans toute sa splendeur enveloppé par la vapeur qui s'élève de ses flancs ou bien encore, une ourse assistant à la première sortie de ses petits hors de leur tanière. Considérez les conséquences de détruire en une génération ce que notre mère Nature a pris un millénaire pour préparer.

John Lockerbie, directeur régional pour Maritimes Canada, la Société pour les gélinottes huppées, a expliqué que sa société faisait partie d’une organisation internationale de conservationistes dévoués à l’amélioration de l’environnement pour les gélinottes huppées, les bécasses, le chevreuil et plusieurs autres espèces de gibiers et d’autres faunes non-sportives de la forêt.  Notre société appuie des recherches scientifiques et des projets éducatifs.  M. Lockerbie expliqua qu’il fallait une grande variété d’âges et d’espèces pour maintenir les habitats sauvages pour toutes les espèces.  Au Nouveau-Brunswick, approximativement 43% des forêts ont moins de 25 ans; les éclaircies futures et les réductions d’espèces vont avoir des effets dévastateurs sur la capacité des forêts de supporter toute la faune.  Les vastes changements proposés dans le rapport Jaakko-Pöyry demandent des analyses qualitatives pour s’assurer de la survie de la faune.  M. Lockerbie affirma clairement que les terres de la Couronne peuvent seulement être gérées par le MRNÉ et que cela devait demeurer ainsi.  Seulement 3% du Nouveau-Brunswick est véritablement protégé.  Le reste est disponible pour récoltes limitées, y inclus dans les refuges de chevreuils.  La Société n’est pas d’accord avec l’affirmation du rapport Jaakko-Pöyry que doubler l’approvisionnement en bois disponible est essentiel.  En effet, si les recommandations du rapport J-P étaient mises en pratique, plus de 60% de la capacité de recevoir la faune dans cette province disparaîtrait.  Le gouvernement du Nouveau-Brunswick est le légataire auquel on a confié ces terres, il ne les possède pas nos terres publiques de la Couronne.  Le gouvernement est simplement chargé de bien gérer cette ressource pour qu’elle ne perde pas sa valeur intrinsèque.  
Pour finir, M. Lockerbie, a dit avoir été étonné de recevoir plusieurs appels téléphoniques de gens se disant de l’industrie forestière et qui suggéraient que la Société pour la gélinotte huppée ferait bien de se tenir loin du débat sur le rapport Jaakko-Pöyry, et que si elle si intéressait le soutien financier à cette société serait compromis.

Robert Young, forestier à la retraite, fermier et propriétaire de boisé. M. Young a commencé son exposé en disant : " Tout comme avec la vache du fermier, il ne faut pas tuer la vache pour obtenir son lait! " La deuxième leçon que M. Young a apprise est qu'il ne fallait pas gaspiller ce que l'on possédait, de ne pas laisser le meilleur dans les marécages. Et la troisième leçon qu'il avait apprise était que les insectes détruisent la forêt à cause de sa mauvaise gestion. Il s'est rappelé d'un dicton de son maître : " Les mauvais forestiers sont ceux qui ne coupent pas et qui coupent à blanc. " M. Young a souligné qu'après sa longue carrière au MRN, il pouvait dire qu'après toutes les recherches effectuées par le ministère et les discours du Trône qui ont été présentés, les recommandations et les intentions n'ont pas été mis en œuvre. Où nous sommes maintenant rendus est le résultat de la taxation et des politiques établies par le gouvernement. M. Young a demandé que l'on remette la forêt à la population du Nouveau-Brunswick.

Dale Thibodeau de Sunbury Thibodeau Trucking Co. 
M. Thibodeau a présenté une esquisse de sa compagnie, a décrit sa masse salariale, les taxes qu'il devait payer, le nombre de ses employés et l'implication communautaire de ses employés. Sa compagnie de camionnage fait une grande partie de ses affaires avec l'industrie forestière.

Cleveland Allaby, représentant l'Association des bûcherons du Nouveau-Brunswick, dont les membres récoltent, plantent, éclaircissent et travaillent principalement dans la région de Chipman et de Doaktown en étant employés par JDIrving. M. Allaby a donné un bref aperçu de son association. Les détenteurs de permis passent leurs coûts d'équipement, d'assurance et de frais d'exploitation sur les bûcherons, en disant qu'ils seraient leurs propres entrepreneurs. Les problèmes ont commencé lorsque l'équipement, les véhicules de services, les mécaniciens, les opérateurs de machinerie, le personnel de bureau et le remplacement d'équipement … devinrent très onéreux, requirent des prêts assurés par leurs propres maisons et leurs fonds de retraite. À l'heure actuelle, on assigne aux entrepreneurs une zone, et certaines sont plus difficiles et moins productives que d'autres. L'Association des bûcherons est inquiète que JDI va traiter ses membres injustement par la mise en place déséquilibrée d'une nouvelle politique de productivité en assignant les zones de moins bonne qualité aux entrepreneurs et ensuite en leur imposant des amendes pour leur faible productivité. Bien que ses membres soient des entrepreneurs indépendants, l'Association est inquiète que JDI place une limite sur leurs revenus pour qu'il ne fasse qu'un salaire et qu'ils soient traités comme des employés. JDI prétend que les entrepreneurs que des changements doivent survenir face au marché de l'économie mondiale. JDI pourrait même éliminer les entrepreneurs, selon M. Allaby, qui qualifie la situation de monopolistique et d'opportuniste, des comportements qui découleraient de la loi sur les terres de la Couronne et les forêts. Les entrepreneurs demeurent donc extrêmement vulnérables au lieu des promesses d'être des gens d'affaires indépendants. M. Allaby, a donc recommandé au nom de l'Association des bûcherons qu'un bureau de compensation des terres de la Couronne soit mis sur pied avec le pouvoir d'établir les taux de rémunération dans l'industrie et dans tous les coins de la province.ld set remuneration rates industry wide and province wide.

Steven Hoyt, Collège de technologie forestière des Maritimes, anciennement l'École des forestiers des maritimes. M. Hoyt a affirmé que les habitants du Nouveau-Brunswick ne réalisaient pas que le NB était un importateur de bois, et que cela diminuera à cause des demandes faîtes sur le bois importé. Bien que l'industrie se concentre sur les épinettes, le sapin et le pin gris, il encourageait la recherche sur l'utilisation des bois sous-utilisés et sur la régénération naturelle. Il a dit que tous les buts doivent être considérés dans une analyse de l'approvisionnement en bois, que le futur de l'approvisionnement en bois a des implications sur les générations futures, que le capital doit demeurer, que les coupes à blanc ne sont acceptables que dans les boisés d'un même âge, non pas dans les bois mixtes. Selon M. Hoyt, nous devrions revoir nos pratiques forestières. Il a mentionné que la bonne chose avec le rapport Jaakko-Pöyry était le soudain intérêt démontré par la population. Finalement M. Hoyt a recommandé que le gouvernement accélère ses négociations avec les Premières Nations pour résoudre le problème d'accès aux terres de la Couronne.

 

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