Menu


Audiences publiques
du Comité spécial de l'approvisionnement en bois
[Liste des rencontres] [Présentations] [Résumés journaliers]


Journée 8
Edmundston
le 2 décembre, 2003 

Louis Lavoie, de l'Association des chalets de la rivière Verte a souligné que les forêts publiques appartiennent aux citoyens du N-B. Droits et responsabilités - depuis 1982, la loi a accordé à 10 permis, aux détenteurs de baux ou de permis, et ils ont donné l'impression que les détenteurs de permis avaient le droit de faire ce qu'ils voulaient.  De fait, les droits à la forêt sont partagés entre 25 sous-traitants et Fraser-Nexfor, pas seulement Fraser-Nexfor.  Nous pensons qu'il faut produire plus de bois sur notre territoire public pour faire continuer l'industrie forestière. 
Nous avons besoin d'une politique sur la foresterie pour permettre une compétion équitable entre les propriétaires de boisés privés et l'industrie.  Le rapport semble le germe d’un changement.  Pour notre prospérité économique et sociale, il faut agir. M. Paulin demande si les chemins et les limites des coupes à blanc sont bien respectés autour de vos chalets? « Oui. »


Select Committee Staff: UNB's Tom Erdle,
Jennifer Dunlap and Scott Makepiece from DNR

Dominic Boucher, Alain Lamarre, Shermag, entreprise de fabrication de meuble résidentiel intégrée verticalement depuis la forêt jusqu'au détaillant. Problématique :  imminente réduction en approvisionnement de bois d'ici 35 ans, aucun investissement concret dans les feuillus…mais il faudrait investir dans le bois-franc, pas juste des investissements unidirectionels.  La vision du rapport est celle qui prévaut aujourd'hui. On devrait se concentrer sur un seul secteur même au détriment des tous les autres.  Dans l'industrie du bois franc beaucoup de valeur est ajoutée à nos produits et, on utilise moins de bois et on a un impact économique plus important par unité de bois.  Vision espérée :  Une meilleure répartition des investissements, une meilleure flexibilité face aux fluctuations des marchés forestiers, un meilleur équilibre entre les ressources et un secteur forestier diversifié et décentralisé. 

Paul Rioux, 114 du SCEP - travailleurs en sylviculture.  Nous savons qu'il faut produire et récolter plus de bois chez nous au lieu de l'importer.  Mais, nous devons récolter le bois d’une façon responsible.  Il faut au moins une année de formation pour devenir compétent.  

Gérald Clavette, propriétaire de lots boisés :  « Mon objectif est d’assurer la durabilité de mon bois. ». Les lots-boisés sont actuellement surexploités, la valeur d'un acre est de 1000$.  Il faut assurer notre approvisionnement en bois à long terme.  Notre fond d'héritage est notre forêt c’est pourquoi il faut continuer à investir dans la forêt.  La certification accorde une certaine crédibilité à l'industrie forestière.  Mais, peut-on compter sur les 42,000 propriétaires de lots-boisés lorsqu'on constate la surexploitation de ces terres?  Si nous voulons maintenir nos industries forestières ici, il faut agir maintenant.  L'industrie forestière a accepté d'investir des montants en sylviculture.  M. Clavette, à titre de propriétaire de lot-boisé, est prêt à investir aussi.  Pour ce qui est de la forêt communautaire, il ne faut pas oublier qu'il y a déjà beaucoup de participation dans la gestion des forêts, tels que des comités aviseurs, les audiences publiques comme aujourd'hui.  La forêt mondiale a diminué de 12.5% et va encore diminuer de 25% durant les années à venir.

Roger Roy, Université de Moncton, campus d'Edmunston - professeur d'aménagement forestier.  Tout d’abord, M. Roy a expliqué que ses commentaires étaient strictement les siens, ni censuré ni appuyé par ses employeurs et ses collègues.  Le rapport J-P invite les citoyens à réfléchir aux valeurs de la forêt  - ça c'est très bien.  Mais, en effet, il n'y a rien de nouveau ici.  Oui, augmenter l'approvisionnement est important pour assurer les objectifs de bois, mais aller dans les zones tampons et les refuges pour chevreuils afin de couper le bois n'est pas en accord avec les pratiques forestières acceptables.  Plusieurs points sont inquiétants :  

  1. les plantations engendrent des pertes d'espèces;

  2. la solution de créer de plantations impose l'utilisation d‘herbicides et de pesticides - est-ce que cela est acceptable par les citoyens et, est-ce que ce bois herbicidé sera vendable sur les marchés internationaux bientôt?

  3. les zones tampons ont une grande diversité de flore et faune - Quel serait le résultat d'une grande diminution du bois dans ces régions?

  4. devant la concurrence mondiale, est-ce qu'on sait quelle direction les compétiteurs vont prendre?

  5. les plans du ministère - on devrait créer un conseil consultatif avec tous les intéressés pour ouvrir et rendre transparents le processus, la prise de décision et les plans d'aménagement du ministère des Ressources naturelles

  6. on suggère dans le rapport J-P, qu'il existe un chevauchement entre les employés du ministère des Ressources naturelles et les inspecteurs des entreprises et, qu'on devrait réduire le personnel du ministère…comme si l’on demandait au renard de surveiller le poulailler.

Recommandations:

1) le maintien de toutes les valeurs doit être respecté 

2) faut tout faire pour améliorer la gestion de terres privées et utiliser les terres de la Couronne comme fournisseur de derniers recours et établir les plantations sur les terres privées;

3) si on veut élaborer une politique de plantations, faisons-le sur les 47% des terres privées au lieu de sur les 50% des terres de la Couronne;

4) les industries forestières disent être prêtes à investir sur les terres de la Couronne, mais pourquoi pas utiliser cet argent pour investir dans leurs propres terres?

Conclusion :  Le rapport J-P est trop étroit - M. Roy a présenté un plan d'aménagement avec lequel on conservera toutes les valeurs forestières. (Applaudissements). 

Jean Arnold, directeur exécutif du Centre de Falls Brook. Nous sommes le premier groupe au Nouveau-Brunswick qui a été certifié selon les normes du FSC, et nous voudrions vous parler des effets écologiques des plantations et d'un mode de concession, la tenure. Dans tous les coins du monde, les grandes entreprises sont les champions des plantations et, la plus part d'entres elles se trouvent dans l'hémisphère sud où les saisons sont plus longues. Pour notre part, au Nouveau-Brunswick, nous abritons une riche forêt acadienne reconnue pour la diversité de ses bois durs et mous. La famille de Jean Arnold vit sur 200 acres de bois durs. Mme Arnold a alors décrit les sols, la présence et les complexes interactions entre les champignons et tous les autres organismes des écosystèmes des sous-bois; tous ces organismes fournissent les minéraux essentiels qui protègent la forêt contre les excès d'humidité et de température, contre les insectes nuisibles et contre les autres conditions négatives, pour en faire des forêts en santé et productives. Les pratiques de foresterie intensives détruisent tous ces habitats et ces interactions. À long terme, nous croyons même que ces pratiques menacent la vie de ces forêts. Les herbicides et les pesticides suivent les courants, et puisque nous vivons tous au bas de ces courants, la qualité de nos eaux est menacée par tous ces poisons. Et qu'en est-il des propriétés médicinales des forêts? L'if du Canada, taxus canadensis, contient du taxol, un remède pour le cancer, et il existe des potentiels d'utilisations pour les autres éléments des forêts; les arbres ne représentent que 5% des plantes forestières. Les forêts du Nouveau-Brunswick devraient être gérées par les gens du Nouveau-Brunswick pour les gens du Nouveau-Brunswick. La tenure : nous avons six détenteurs de permis; tous appartiennent à des compagnies étrangères strictement intéressées à leurs profits, sauf JD Irving qui agit dans son fief personnel. Les redevances provenant des terres de la Couronne, ne couvrent même pas le coût du personnel du ministère des Ressources naturelles. En d'autres termes, les terres de la Couronne sont gérées comme une entreprise non-rentable. La tenure serait un bon mode de gestion au Nouveau-Brunswick. Des exemples de foresterie communautaire abondent; elles ont des plans de gestion bien développés; pourquoi donnerions-nous notre héritage aux entreprises qui ne sont intéressées qu'à leurs propres profits? Non, aux plantations, non aux herbicides, oui, à la gestion par les Nouveaux-Brunswickois pour les Nouveaux-Brunswickois.

Colleen SappierColleen Sappier, des Premières Nations de la Tobique. Mme Sappier fait partie du Réseau environnemental du NB. " Il est désolant de voir comment les Premières Nations sont peu représentées à ces audiences. Le gouvernement a donné à six compagnies étrangères nos terres de la Couronne. On va faire des plantations de nos forêts, qui va faire ce travail? " Député MacDonald " Ce sont des recommandations du rapport Jaakko-Pöyry, rien n'a encore été décidé, nous sommes ici pour vous écouter. " Mme Sapier : " Ce comité n'a-t-il pas été mis sur pied pour servir les entreprises? Le gouvernement nous garde à vue, si je vais pêcher, on me donne une amende, si je vais couper du bois en forêt, on me donne une amende. Nous sommes ligotés par vos règlements, nous ne pouvons même pas couper un frêne. En d'autres termes, ce n'est pas juste, nous ne sommes pas bien traités. Les gens ordinaires ne peuvent se rendre à vos audiences. Mais on sait très bien ce qui est dans l'intérêt des gens ordinaires, on a besoin de pratiques forestières durables. Il devrait être évident que les intérêts des grandes entreprises ne correspondent pas à ceux des citoyens. Est-ce que le gouvernement a l'intention de se débarrasser de ses obligations de fiduciaire au profit des entreprises? " Député MacDonald : " Notre comité a pris contact avec des comités des Premières Nations et nous avons l'intention de les rencontrer après les Fêtes. "

James Landry - Les terres de la Couronne sont-elles gérées pour le public?.  Quand j'ai eu des problèmes avec des castors, j'ai téléphoné au ministère de Ressources naturelles pour de l'aide, on m'a dit d’aller voir la compagnie Fraser.  M. Landry travaille dans le domaine de l'environnement.  Un mile carré de forêts fournit dans une journée un immense quantité d'eau.  
Une inquiétude est l'épandage d’herbicides sur des plantations, ainsi que la présence de plantations elles-mêmes.
Il y a des choses qui ne fonctionnent pas dans le rapport J-P :  investir dans les plantations au lieu de laisser la régénération naturelle, et ça va être le gouvernement et les contribuables qui vont éventuellement payer.  M. Landry préfère les petites industries.  Par exemple, le chevreuil a disparu du nord du N-B à cause de la mauvaise gestion de nos forêts :  on préserve des refuges pour le chevreuil; puis pendant que le chevreuil déménage, on coupe le refuge; le chevreuil revient et ne trouve plus sa nourriture.
Le système de comptabilité des masses de bois n'est pas très efficace non plus, parce qu'on laisse le bois sécher et lorsque le bois est livré au moulin, le bois a perdu beaucoup de sa masse.  Il faudrait avoir un autre système.  
Il faut aussi procéder par coupes sélectives au lieu des coupes à blanc.  M. Landry est d'accord que le gouvernement s'occupe des terres abandonnées ou les terres anciennement agricoles; une option est d'augmenter les taxes ou d'obliger les propriétaires d’aménager leur terre et, finalement, l'aide du gouvernement serait utile pour tous.

Diane Landry, Pascal Giguere, Jean Sebastien, Jason Duran - université de Moncton
Ces étudiants en foresterie ont demandé au comité de sortir d’une vision trop étroite.  Il faut faire le mieux possible pour l’ensemble de la forêt, pas seulement pour les bois mous, mais pour les bois durs aussi, pour les bois diversifiés, pour la conservation des habitats, en somme pour toutes les valeurs de la forêt.  Ils sont d’avis que la transformation de 40% des terres de la Couronne en plantations de bois mous est beaucoup trop.  Les bois durs évaporent beaucoup plus d’eau que les bois mous, les plantations peuvent donc affecter le cycle hydrologique en réduisant la distribution des bois durs.  Ils ont demandé que l’on adopte une approche équilibrée où un tiers des terres de la Couronne serait géré d’une façon intensive, un tiers serait géré dans une perspective écologique et que le dernier tiers soit géré comme une zone protégée.

Jean-Marie Binot - Faculté de foresterie de l’université de Moncton.
Ce que le rapport Jaakko-Pöyry ne dit pas c’est que la plus part des forêts finlandaises sont la propriété de citoyens.  Généralement, les lots boisés couvrent 2 hectares en moyenne.  Le gouvernement finlandais s’intéresse à tous les aspects de la foresterie.  Contrairement à ce que l’on subit, ici au Nouveau-Brunswick, où le rôle du gouvernement se réduirait à celui de vérificateur financier.
M. Binot ne pouvait pas croire que le rapport Jaakko-Pöyry suggérait de maintenir le présent niveau de coupes à blanc, plutôt que d’encourager la régénération naturelle.  Bien entendu, le rapport ne dévoile pas les recherches qui ont démontré les effets négatifs des coupes à blanc à grande échelle.  Et de plus, il existe de sérieuses études qui démontrent les grands risques associés au remplacement des forêts par des plantations.  Par ailleurs, les plantations exigent plus d’épandages d’herbicides, tellement que celles-ci sont défendues sur les terres publiques au Québec.  Et d’un autre coté, le rapport propose que les éclaircies pré-commerciales devraient être réduites, ce qui ne fera que ralentir la croissance de la forêt.  On ne mentionne même pas les éclaircies commerciales dans ce rapport. 
M. Binot recommande donc une approche prudente parce que nous ne pourrions pas revenir sur notre décision dans dix ou vingt ans.  M. Binot a donc recommandé que notre objectif ne devrait pas être de maximiser la production des seuls bois mous en sacrifiant les autres espèces, mais bien d’améliorer la forêt seulement.  Il faut se concentrer sur la qualité alors que le rapport ne s’intéresse qu’à la quantité.  M. Binot a demandé au comité de se pencher sur le court, le moyen et le long terme et qu’il investisse dans la recherche.  
Dans ses recommandations, la plus importante peut-être, M. Binot a suggéré que l’on soit des innovateurs créatifs.  Nous devrions exploiter une niche spéciale pour le bois avec le plus grand potentiel de valeur ajoutée, ce qui nécessite une gestion diversifiée de nos forêts.  Il a donné l’exemple de l’émondage qui permet des bois sans nœuds.  En conclusion, M. Binot a dit qu’il fallait se concentrer sur la qualité et non sur la quantité.  Nous devrions faire des éclaircies et des coupes pour la régénération.  On doit être créateurs et innovateurs.

Ron FournierRonald Fournier - Ferme Néguentropique
M. Fournier a pris place à la table des présenteurs sous un tonnerre d'applaudissement de la salle. Il a parlé des leçons que son père lui avait faites sur la gestion des boisés en se fondant sur les coupes sélectives et non pas sur les coupes à blanc. Le temps est venu pour les Nouveaux-Brunswickois de décider si ce sont eux qui sont les maîtres de leurs terres communes ou si ce sont les grandes entreprises multinationales. M. Fournier a ensuite démontré combien il était stupide de lier notre futur aux entreprises des pâtes et papiers. Ce qui est proposé dans le rapport Jaakko-Pöyry n'est rien de moins que la déportation de notre forêt acadienne. M. Fournier a fait remarquer que des forêts en santé nous fournissent de l'oxygène, accumulent le carbone, filtrent et régularisent l'eau. Tous des services indispensables qui doivent être maintenus. Nous devons conserver ce que nous avons maintenant, une forêt mixte et des produits forestiers. Selon M. Fournier, l'idée que nos pratiques forestières sont les meilleures, n'est qu'une vieille propagande perpétuée pour le bénéfice du status quo. Si ce que nous avions était le meilleur, comment somme-nous parvenu au fouillis actuel? M. Fournier souligna que le même bureau de conseillers avait recommandé à l'Ontario de sortir de la production de fibres de basse valeur et de se concentrer sur l'accroissement de la qualité et des produits de haute valeur ajoutée. " Durant ces audiences, nous avons entendu à de nombreuses reprises les représentants des entreprises commenter sur leurs propres recommandations. M. Fournier a alors décrit comment, il y a plusieurs décennies les Irvings ont obtenu à très bons prix d'immenses terres de la Compagnie de chemin de fer du Nouveau-Brunswick. Ces terres pourraient être réclamées par le gouvernement et remises aux Premières Nations. Il ne reste plus qu'à peu près 70 des 150 sous-traitants originaux. Ce n'est pas surprenant de les entendre supporter les demandes des grandes entreprises parce qu'ils dépendent de celles-ci pour leur approvisionnement en bois. M. Fournier appuie la foresterie communautaire à bas impact mais il s'oppose à la transformation de 40% des terres de la Couronne en plantations et à l'accroissement des coupes dans les zones spéciales de gestion.

Andrea Berry, : Producteurs organiques canadiens
Mme Berry a démontré quelques-unes des relations entre l’agriculture et la foresterie.  Elle expliqua les leçons tirées de l’agriculture biologique.  Elle souligna l’importance de ne pas utiliser de pesticides synthétiques et de maintenir une production diversifiée.  Elle parla ensuite de l’utilisation des herbicides à base de glyphosate, tel que « vision », qui sont épandus sur les terres de la Couronne à chaque année.  Les études en laboratoire ont démontré les effets nocifs de cet herbicide dans toutes les catégories de vérification toxicologique.  Des évaluations des sols ont démontré que cet herbicide demeurait dans les sols entre 200 et 400 jours.  En Suède, de telles évaluations ont trouvé cet herbicide dans les sols des années après leur épandage.  En plus de leur ingrédient actif, ces herbicides contiennent aussi des ingrédients toxiques inertes, dont les effets nocifs sur la santé humaine ont été démontrés.  Et certaines études ont conclu que ces ingrédients toxiques inertes étaient plus nocifs que l’ingrédient principal lui-même.  L’utilisation des biocides dans les forêts du Nouveau-Brunswick présente des risques pour les humains et pour l’environnement.  L’épandage aérien de ces produits toxiques met en péril les opérations agricoles qui sont sur le point d’être certifiées biologique, comme certaines érablières par exemple.  Mme Berry fit remarquer qu’il serait possible d’exploiter des érablières biologiques sur les terres de la Couronne.  Elle fit remarquer que l’accroissement des plantations, tel que recommandé dans le rapport Jaakko-Pöyry, s’accompagne toujours d’un accroissement des épandages d’herbicides.  Mme Berry recommanda que l’on interdisse l’utilisation des biocides sur les terres de la Couronne, ce qui veut dire s’éloigner du modèle de plantations proposé dans le rapport.  <powerpoint presentation>

Jacques Lapin - M. Lupin a parlé de la terre.  Il a dit que nous devrions traiter la terre avec amour mais qu’au lieu de cela nous la détruisons avec violence.  Plutôt que d’essayer d’être son intendant, nous tentons d’être son maître, en l’asservissant aux profits qui peuvent être soutirés de son exploitation.  « Pourquoi les habitants de cette province sont-ils arrêtés s’ils tentent de subvenir aux besoins de leurs familles sur les terres publiques? »  « Et qu’arrive-t-il avec les Premières Nations? »  Malgré les décisions judiciaires répétées, nous sommes toujours exclsu de nos terres.  C’est sans doute une question d’argent. »  « L’amour, la justice et la communauté :  mais où donc sont ces dimensions fondamentales de notre humanité dans le rapport Jaakko-Pöyry? »

Mr. Don Tardie from Fraser Papers NexforDon Tardie - Nexfor Fraser Papers
M. Tardie est d'avis que les moulins de sa compagnie sont la fierté des communautés dans lesquelles elles se trouvent. Il a alors expliqué l'importance de sa compagnie en termes d'espaces de forêt qu'elle gère, en terme du nombre de moulins qu'elle opère et en termes du nombre de personnes qu'elle emploie. M. Tardie a alors décrit comment il était devenu un disciple du processus de gestion mis en place au Nouveau-Brunswick durant les vingt dernières années. Il a alors répété qu'il fallait absolument établir des objectifs d'approvisionnement en bois. Selon M. Tardie, il faut absolument doubler l'approvisionnement en bois mous si l'on veut maintenir notre niveau de vie et contribuer aux coûts des hôpitaux et des routes. L'approvisionnement en bois des terres de la Couronne diminue. Nous sommes passés de 8% des terres réservées pour des fins autres que le bois en 1987 à 32% diminuant ainsi les coupes annuelles permises. Il a alors présenté un graphique démontrant la décroissance annuelle des coupes permises et les augmentations des redevances. M. Tardie a affirmé qu'il était important de comprendre que les entreprises souhaitent doubler la disponibilité des bois mous à long terme par l'entremise de nouveaux investissements et de travaux de sylviculture. Si les entreprises investissent en sylviculture sur les terres de la Couronne, les entreprises sont en droit de recevoir une garantie que leurs investissements seront protégés, c'est-à-dire que le gouvernement devrait payer les entreprises si elles font des pertes ou si elles ne rencontrent pas leurs objectifs. M. Paulin : " Est-ce que votre compagnie investit sur ses terres privées pour accroître leurs rendements? " M. Tardie : " Notre compagnie a investi 32 millions de dollars en sylviculture l'an dernier. "

Denis Pelletier, président et Paul Gagnon, directeur de la Chambre de commerce - Tout d'abord, il faut viser et mettre sur la voie une solution à long terme pour assurer à la fois la survie de l'industrie forestière et le développement économique de la région.  28 000 emplois sont liés au secteur forestier dans la région et 14 communautés dépendent entièrement de la foresterie.  Les préoccupations environnementales sont légitimes…Le N-B peut et doit demeurer un chef de file dans le domaine des pratiques forestières.  Nous sommes très certains que les groupes environnementaux feront une surveillance pour conserver les endroits protégés et les valeurs écologiques dans les forêts.  

Daniel Laplante, président des Enterprise Madawaska.  Le secteur manufacturier du bois a connu un bon succès, surtout dans la valeur ajoutée.  Il est primordial que les coupes soient faites en fonction d'un inventaire de qui existe en approvisionnement.  Il est donc important de pouvoir assurer le secteur manufacturier qu'il y aura du bois à l'avenir.

Yvon Léveillee, enseignant et naturopathe.  Le point de vue de bien des personnes, infirmiers et infirmières, écoliers et écolières.  Quand on parle de la forêt, on parle de développement durable, mais il y a plusieurs perspectives, mais finalement, ça signifie qu’on peut utiliser les ressources pour satisfaire les besoins d'aujourd'hui mais sans compromettre les besoins de l'avenir.  Il faut être très prudent lorsqu’on est représentant de la population de ne pas céder tous les pouvoirs à l'industrie.  On sait ce qui est arrivé avec la morue…faut être doublement prudent.  Développement durable veut dire épanouissement de la communauté.  Il pense à l'école de Baker Brook qui a fermé et plusieurs autres écoles dans de petites commnunautés.  La diminution de la population est un signe de l’appauvrissement du village.  Le développement durable signifie la durabilité.  La présence des forêts est liée à la qualité des sols, la qualité d'eau, la forêt est là pour nous protéger.  On ne sait pas encore quel pourcentage de forêt est nécessaire pour permettre à la vie de continuer sur la planète.  Si on change l'état naturel de nos forêts trop vite, on ne connaît pas encore les résultats auxquels il faut s’attendre.
La forêt publique :  selon la loi canadienne, ces terres sont confiées à la province pour préservation et pour l'épanouissement de tous les citoyens de la province.  Il existe certaines lacunes ici dans la région :  le transport en commun entre les villages environnants et la ville, les services aux aînés, un cinéma et toutes sortes de petites choses qui constituent le développement durable.  Il faudrait bien que tout le monde bénéficie de la forêt.
Les forêts recèlent des valeurs collectives :  la qualité et la quantité d'eau, capture des eaux de ruissellement, enfouissement du carbone, diffusion d'oxygène et autres services essentiels à la vie.
Il cite les statistiques des coupes à blanc au nord, près de Campbellton jusqu'à la région de Deersdale dans le sud (près de Juniper).  Il faut se rappeler que les terres de la Couronne ont été confiées à la province pour le bénéfice des autochtones et de tous les autres citoyens.  Ces terres ont besoin d'une cogestion par les gens de la province.  Il faut intégrer la gouvernance locale dans cette gestion.  

Monsieur le maire, Jacques Martin, ville d’Edmunston.  Nous croyons que le gouvernement doit innover pour avancer dans le développement.  L'exploitation forestière est liée avec l'essor de la municipalité d'Edmunston.  Nous souhaitons une forêt gérée en collaboration avec les communautés qui y vivent pour une véritable durabilité et pour la prospérité de notre collectivité.  Une forêt saine contribue à la qualité de vie et nous voulons garantir à l'avenir pour les générations futures.  Les implications et les effets des recommandations du rapport Jaakko-Pöyry sont vastes.  Un sondage des citoyens de la région démontre que la santé de nos forêts est leur préoccupation primordiale.  La forêt est liée à la qualité de vie et la bonne santé.  La valeur économique a bien sûr sa place aussi.  Les terres de la Couronne sont des terres publiques.  Si les compagnies peuvent garantir que les citoyens peuvent toujours avoir accès à la forêt publique, allons-y.  Mais, il faut maximiser les avantages pour les générations futures.  Une relation équilibrée doit être établie en ce qui concerne la forêt publique.  Nos décisions et nos pratiques forestières ne doivent pas être fondées sur le seul modèle proposé par le rapport Jaakko-Pöyry. 
On propose une approche fondée sur les connaissances acquises et sur des recherches bien reconnues dans le domaine.  Notre université, l’université de Moncton, est essentielle pour le développement.  Évitons à tout prix les monocultures telles que recommandées dans le rapport Jaakko-Pöyry. 
Recommandation : La province doit s'assurer que les pratiques en sylviculture doivent être compatibles avec les types de bois dans notre forêt.

Dr.Yves Carrier - Fondation Glazier, Les conditions de nos forêts : La forêt doit être exploitée en fonction des cycles de vie de la forêt. Souhaitons qu'après ces audiences, les décisions vont réfléter les idées exprimées lors de ces audiences. La pénurie d'approvisionnement en bois que l'on vit actuellement est le résultat de la gestion de ces mêmes entreprises qui veulent continuer avec le même modèle encore. Durant les dernières 50 années, avons-nous amélioré la qualité de nos forêts? La faune et la flore ont-elles de meilleures conditions? Au contraire, le résultat des pratiques forestières a été la dévastation de la vie terrestre et aquatique dans nos forêts. Il existe des méthodes alternatives au modèle industriel proposé dans le rapport Jaakko-Pöyry. Nous avons de l'expertise dans notre pays, dans notre province, dans deux de nos universités avec leurs facultés de foresterie. Pourquoi donc aller en Finlande pour produire un tel rapport? Depuis des années, on subit des pertes d'emplois, et une pénurie de bois s'annonce, est-ce que les capitaux restent ici? Une perte nette de revenu pour la province, des profits pour les multinationales. Sommes-nous un pays impuissant devant la marche vers la mondialisation? Les différents ministères des Ressources naturelles ont-ils bien géré nos ressources? Ou bien sont-ils une autre espèce en voie de disparition? Dans ce rapport, on propose de faire payer le gouvernement pour les frais de déforestation! Nos forêts sont à la base de notre vie et non pas les profits des multinationales. Ma vision est basée sur une forêt debout mais exploitée pour des fins économiques; la matière première usinée ici, et qui réflète ce que la forêt peut produire sans la détruire. Une société qui a trouvé 1 milliard pour mettre des contraintes sur les fusils peut trouver de l'argent pour préserver ses forêts, notre patrimoine.e l'argent pour préserver des forêts, notre patrimoine.

Roland Malenfant
Les omissions de rapport Jaakko-Pöyry : 

  1. La superficie des coupes à blanc annuellement n'a pas été mentionnée; 

  2. La population du chevreuil, les cerfs de Virginie, n'est pas en bonne condition telle que rapporté dans l'Acadie Nouvelle selon le gouvernement;  

  3. On n'a pas mis en lumière la surcoupe des boisés privés; 

  4. Aucune mention n’est faite de l'accès au public à la forêt;  

  5. Pas de mention du gaspillage et de l'application des herbicides;  

  6. Les zones protégées sont exclues du nord-ouest;  

  7. Aucune mention du public dans la gestion des forêts;  

  8. Les zones tampons devraient rester pour ce qu'ils sont, un refuge pour la faune.

  9. Il faut introduire une cogérance de la forêt et il faut établir des normes rigoureuses pour la préservation de notre forêt.

Martin Belan - professeur en foresterie à l’université de Moncton campus Edmunston.  On a le droit de s'occuper de la gestion de la forêt pour les citoyens et pour les besoins des générations à l'avenir.  Afin d'extraire la plus haute qualité et de réussir un bon rendement économique, une coupe sélective dans bien des endroits est recommandée, avec des mesures prises avant et après la coupe.
L'aménagement des lots boisés privés: bien que les lots appartiennent à l'état, ils contribuent à l'économie de la province.  Plusieurs propriétaires n'ont pas les moyens pour entretenir leurs lots et acceptent de couper à blanc pour le rendement immédiat en dollars :  c’est une prescription de sylviculture qui aiderait la situation et l'approvisionnement en bois dans la province.  Le ministère des Ressources naturelles doit conserver son leadership en ce qui concerne la forêt.  

Dan Ennis et Pat Paul du Grand conseil de la nation Wulustuk (Malécite) de la réserve de la Tobique. 


Dan Ennis et Pat Paul de la nation Wulustuk

Messieurs Ennis et Paul sont les porte-parole du grand conseil, la structure traditionnelle de leur nation. Depuis toujours les aborigènes ont respecté le caractère sacré de la mère Terre et ont vécu en respectant toutes les valeurs de la forêt. La forme traditionnelle de gouvernement a presque été détruite à cause de notre incapacité de face aux vagues des nouveaux venus et de leurs façons de vivre. Il est nécessaire d'entrer en contact avec soi, avec la forme de vie qui nous soutient, avec l'intelligence universelle qui régularise jusqu'à notre pouls, notre respiration et notre être tout entier, pour venir en contact avec notre source de vie. Nous avons besoin de raffiner nos perceptions pour pour considérer les effets de nos actions sur la septième génération. Tous nos enseignements traditionnels sont fondés sur le respect et les services que nous devons accorder à la Terre et aux personnes. Bien que nos cœurs soient tristes, nous voyons briller les premières lueurs de l'aurore. Il est nécessaire d'arriver à un consensus parmi nous, comme exemple pour tous les gens qui respectent la paix.

Pat Paul, membre du grand conseil des Wulustuk. Nous voulons tout d'abord vous rappeler que nous les Woolustuk, les Passamaquoddy et les Mic'Maq, n'avons jamais renoncé ou donné nos droits sur nos terres, et ceci peut être démontré dans toutes les juridictions de la terre. Nous avons signé des traités de paix, certainement, mais nous n'avons jamais donné notre terre ou abandonné notre relation à la terre. Nous nous concevons comme une partie et une extension de la terre. C'est pourquoi, acheter, vendre, échanger, céder, abandonner, (et bien d'autres mots apparentés au commerce ou au don, etc.sont des termes qui ne s'appliquent pas à la terre notre Mère). Voici des inquiétudes qui sont souvent négligées : l'écologie, les habitats, la qualité de la vie. Le rapport Jaakko-Pöyry est synonyme de désastre pour le grand conseil de la nation Wulustuk. Wulustuk veut dire paix et site paisible (le nom original de la Saint-Jean). Ceci est donc notre terre, compte tenu du fait que nous avons vécu sur ces terres depuis des milliers d'années et que jamais nous avons " cédé " notre terre. Notre terre a été volée; ce n'est pas une question d'argent, nous ne pourrions pas plus vendre notre terre que nous pourrions vendre notre propre mère. Nous voulons que notre terre soit traitée avec suffisamment de respect pour tenir compte des conséquences de nos décisions sur la septième génération. Cette terre demeure notre terre d'origine même si nos droits étaient contestés jusqu'à ce que cette dispute soit réglée. En attendant, nous devrions tous travailler pour guérir notre mère la Terre. Voici la proclamation des Wulustuk fondée sur nos anciennes valeurs sacrées. Nos terres s'étendent des rives du Saint-Laurent et s'étendent au sud et à l'est jusqu'aux berges de la Baie de Fundy. Considérant que le grand conseil des Wulustuk n'a jamais cédé de terres et qu'il est donc le légitime propriétaire du dit territoire, nous avisons, par la présente, toute personne, communauté ou corporation de ne pas présumer pouvoir acheter, céder, ou vendre aux enchères les terres décrites ci-haut.

 

Début / English
Droit d’auteur © 2003 Réseau-Terres de la Couronne. Tous droits réservés