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Audiences publiques du Comité spécial de l'approvisionnement en bois |
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| [Liste des rencontres] | [Présentations] | [Résumés journaliers] |
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Journée
13 Four
Best Management Ltée, Adam Dechênes, Sylvain Caron, Edmunston,
experts et consultants en foresterie. M. Dechênes a commencé
sa présentation en parlant de main d’œuvre et des stratégies pour gérer
l’entreposage ou pour replanter en tenant compte de la distribution
des plants. Si
nous doublions la superficie des plantations, nous devrions étudier
quelle sera la disponibilité de la main d’œuvre dans le futur.
Pour doubler les plantations, d’après notre étude, nos dépenses en
sylviculture devraient dépasser les 500 millions de dollars, au lieu
des 25 millions qui sont actuellement dépensés. Où
trouverons-nous la main d’œuvre pour faire ça avec une population
vieillissante et l’exode des jeunes vers les plus grands centres? Recommandations :
Sylvain
Caron : stratégies pour une gestion efficace de la
distribution lors du replantage. Qu’est-ce
que le lotissement? C’est la proportion de lots qui contiennent
au moins une terre pour la régénération, en fonction du nombre de
terres dénombrées lors de l’inventaire.
Recommandation :
cette vérification devrait être faite, aussitôt que possible après
la récolte, dans le but de: 3.
Inventaire après 10 ans : mise en oeuvre d’une coupe pré-commerciale
entre les rangs;
-Investir
dans la main d’œuvre; M.
Landry, député, s’est informé sur la disponibilité de
la main d’œuvre. M. Caron a répondu que les vêtements
protecteurs, l’équipement et les déplacements (jusqu’à trois
heures par jour) coûtaient très cher et que finalement cela signifiait
que les travailleurs ne recevaient qu’environ 8 dollars l’heure une
fois tous leurs coûts déduits; et ce travail est saisonnier seulement.
C’est pourquoi la plus part endure ces conditions pendant environ
trois années et abandonne ensuite parce que ce n’est pas assez bien
payé. Au Maine, ce sont principalement des Mexicains qui
travaillent en sylviculture. M. Landry en vînt donc à la
conclusion que c’étaient les conditions de travail et non pas le
manque de main-d’œuvre qui était le problème.
Qu’arrive-t-il lorsque les Mexicains font ce travail? Ils
construisent des camps, y restent 10 mois et font le travail saisonnier
en suivant les travaux. Clément
Arpin, Marie-Christine Arpin, André Arpin, de Kedgwick. Par
ailleurs, les coupes dans les zones tampons et dans les refuges de
chevreuils n’amélioreront ni l’environnement ni notre qualité de
vie. Ce que nous voulons est d’être les véritables patrons de
nos propres terres, d’être maître chez nous au Nouveau-Brunswick.
Nous devons organiser et gérer nos forêts pour les futures générations
et pour la création d’emplois. M.
Clément Arpin est le plus petit détenteur de permis de coupe au
Nouveau-Brunswick, mais c’est lui qui a réussi le plus haut taux
d’emploi par unité de bois coupé. Au cours des ans, il est
devenu l’expert en grande valeur ajoutée. Les gouvernements
font des cadeaux aux entreprises de pâtes et papier, mais celles-ci en
retour demandent d’obtenir un plus grand contrôle sur les terres de
la Couronne. Recommandations :
Il
arrive souvent à M. Arpin de travailler avec des jeunes qui ont
abandonné leur formation, il les forme lui-même. Ainsi, ils
deviennent des travailleurs formés et autosuffisants avec de bons
salaires. Si nous investissons dans les secteurs à haute valeur
ajoutée, nous n’aurions aucune difficulté à remplacer les emplois
qui se perdent dans le secteur des pâtes et papiers. Et de surcroît,
les salaires seraient augmentés. Les employés de M. Arpin sont
payés entre 23$ et 28$ de l’heure parce qu’ils le valent. Il
emploie présentement 20 personnes et il prévoit qu’il aura besoin de
150 personnes et qu’aucun d’entre elles ne viendra des écoles spécialisées.
Bien sûr, certaines personnes sont formées par les grandes scieries
qui n’ajoutent presque aucune valeur à leurs ressources premières :
tout juste la coupe. Le secteur des pâtes est devenu un monstre
incontrôlable qui n’offre que des emplois mal payés. Si nous
n’investissons pas dans le secteur à haute valeur ajoutée et dans la
formation adéquate du personnel, nous ferons face à la lente fermeture
du secteur des pâtes et papier parce que nous n’aurons pas investi
dans notre propre futur. La formation offerte par les collèges
communautaires du N.-B. ne rencontre pas les besoins des petites
entreprises, ils n’ont qu’une formation axée sur les grandes
scieries, mais ce n’est véritablement pas un secteur à haute valeur
ajoutée. Il faut faire beaucoup plus que scier le bois pour y
ajouter une grande valeur, il faut le transformer. Plus nous
transformons le bois au N.-B., plus nous y ajoutons de la valeur. En réalité, c’est l’industrie de la pâte qui crée le moins d’emploi mais celle-ci voudrait obtenir le plein contrôle sur l’ensemble de nos terres de la Couronne. Pourquoi vouloir suivre le modèle finnois qui doublerait la production des grandes entreprises qui créent le moins d’emplois? Nos ressources disparaissent à cause de la guerre entre les grandes entreprises mondiales du papier. Si nous ne changeons pas radicalement de direction, l’entreprise de M. Arpin à haute valeur ajoutée devra déménager ailleurs. Devons-nous vivre à l’ombre de la voracité de ces grandes entreprises ou bien saurons-nous prendre notre futur entre nos propres mains? Toutes les études démontrent que nous pouvons vivre confortablement en investissant dans les entreprises à haute valeur ajoutée. Les employés pourront vivre adéquatement, regagner leur dignité et leur fierté lorsqu’ils verront ce qu’ils produisent ici au Nouveau-Brunswick.
Par
ailleurs, l’écotourisme est également menacé par les coupes à
blanc jusqu’aux cours d’eau. Et pour se rendre aux cours
d’eau, il faut franchir les déserts créés par les coupes à blanc.
Il serait essentiel que l’on entreprenne l’éducation
environnementale du Nouveau-Brunswick et que nous utilisions de bien
meilleures pratiques sylvicoles. L’industrie
du meuble, l’ébénisterie, la fabrication de clôtures, de cadre de
portes et de fenêtres sont tous des exemples d’entreprises qui
ajoutent une grande valeur aux bois de différentes sortes (le peuplier
ou le cèdre par exemple). Ce sont des industries flexibles et
innovatrices. Il n’y a pas de futur dans l’appui aux grandes
entreprises de la pâte à papier qui subissent une guerre mondiale
qu’ils ne peuvent gagner dans nos froides forêts diversifiées. M.
Frank Johnston, Grand Falls, souhaite poser des questions à
propos de ce rapport Jaakko-Pöyry, un document extraordinaire de
politique publique qui ne contient aucune référence et dont les
assertions ne sont pas vérifiables. Même à l’intérieur du
document plusieurs propositions se contredisent. Par exemple, le
rapport prétend que le N.-B. présente un environnement réglementaire
complexe, alors qu’en réalité l’étude démontre que les forêts
de l’Ontario sont beaucoup plus réglementées et que ce sont les
Finlandais qui ont les règlements les moins sévères. Un
graphique dans le rapport démontre aussi que le niveau de protection
des forêts du N.-B. est moins élevé qu’ailleurs. M. Johnston
souligne que même les Finlandais se plaignent du niveau inadéquat de
protection de leurs forêts. D’autre
part, les changements climatiques ne sont même pas considéré dans le
rapport Jaakko-Pöyry ni même les services environnementaux d’une forêt
debout et en santé. Quels seront donc certaines des conséquences
de la mise en œuvre des recommandations du rapport Jaakko-Pöyry?
Par exemple, la coupe jusqu’au cours d’eau et dans les zones tampons
afin de répondre aux besoins à court terme des entreprises. La
forêt offre une protection contre les inondations et les crues des
cours d’eau. Des recherches fondamentales, disponibles au
public, démontrent clairement que la réduction du couvert forestier ne
peut que résulter dans des crues plus sévères. L’intérêt
que porte M. Johnston aux cartes numériques l’a incité à créer des
modèles tirés de l’Atlas du Canada. Les tourbières de la vallée
de la Saint-Jean, par exemple, seront modérément affectées. De
plus les changements climatiques augmenteront les risques de feux de forêt
particulièrement au centre du N.-B. Plus tard dans ce siècle,
les feux de forêt seront plus fréquents. Les rivières sont également
très sensibles aux changements climatiques. M. Johnston a présenté
des photos démontrant le bas niveau d’eau dans la Saint-Jean à Grand
Sault en novembre 2003. Les trois portes du barrage sont ouvertes
le 22 décembre 2003. Les changements climatiques vont affecter sérieusement
la vallée de la Saint-Jean. Les barrages hydroélectriques de la
Saint-Jean ont prévu un exédent de 3,3 mètres, et nous pouvons déjà
constater une augmentation des niveaux des eaux, de sérieuses
inondations sont à prévoir. Si jamais par malheur les
recommandations du rapport Jaakko-Pöyry étaient mises en œuvre, une
analyse complète devrait être préparée pour prévoir des scénarios
d’interventions. De plus en Finlande, un niveau élevé de
surveillance est en place et des incitations monétaires sont en place
pour forcer les entreprises à suivre de meilleures pratiques sylvicoles.
Et après que la supervision des forêts fut relachée à cause de
contraintes budgétaires, elles furent rapidement renforcées à cause
de la dégradation environnementale observée. M. Johnston
souhaita finalement que le meilleur intérêt de toute la population
soit à la base des décisions qui seront prises à propos des terres de
la Couronne. Messieurs
les maires du village de Kedgwick et de Saint-Quentin, respectivement
Jean-Paul Savoie et David Moreau. Ils
proposent la création d’une vision de l’avenir : définir
ce que nous souhaitons voir dans le futur, et travailler ensuite pour le
réaliser; cette démarche qui doit inclure tous les secteurs du développement
de la forêt. Nous devrions développer une structure de cogestion
où l’industrie, de pair avec tous les autres usagers s’assoient
ensemble, et en viennent à implanter un mode d’utilisation équitable
des bois durs et des bois mous, et où tous les autres usagers peuvent
avoir accès à la forêt! Il est inacceptable que l’industrie
soit l’unique gestionnaire de la forêt. M. Moreau a demandé
que le gouvernement change radicalement la loi qui gouverne l’accès
aux terres de la Couronne. Par
conséquent, la municipalité de St-Quentin recommande :
La
ville de Saint-Quention recommande : Qu’il
soit résolu que la municipalité de St-Quentin insiste pour dire que
les terres de la Couronne soient cogérées par l’industrie avec
toutes les autres parties prenantes (récréation, écotourisme,
industrie de haute valeur ajoutée, chasse et pêche, bois de chauffage
et autres groupes), tout en respectant les allocations déjà en place. J.-P.
Savoie, maire de Kedgwick, a rappelé au comité que les
recommandations de l’association des municipalités francophones, représentant
42 municipalités francophones, étaient similaires à ces deux demandes;
que les terres de la Couronne soient cogérées par toutes les parties
prenantes. M.
Savoie a présenté un bref profil de Kedgewick : un nom
Mi’qmaq qui signifie « la rencontre de deux rivières. »
M. Savoie a insisté pour que le comité mette en place une nouvelle
structure, un changement de structure incluant tous les secteurs qui ne
sont pas représentés, et qu’il établisse, ce qui n’enlèvera rien
à la foresterie communautaire, une structure de cogestion, une instance
où ils pourront définir leur propre avenir, la foresterie
communautaire et un plan de gestion qui invitera plus de monde à la
table. Il a demandé qu’un amendement soit apporté à la Loi
sur les terres et forêts qui redéfinisse la structuration de la co-gestion.
En ce moment, les gens sont très bouleversés, par exemple,
lorsqu’ils ne peuvent pas obtenir de bois de chauffage provenant des
terres de la Couronne; il y a quelque chose qui va vraiment mal.
Lorsque, pour citer un autre exemple, une école se voit refuser par le
ministère des Ressources naturelles de leur donner un seul arbre.
Lorsqu’on
l’a questionné sur le fait d’engager des travailleurs étrangers,
M. Savoie a répondu qu’il était plus important d’établir de
meilleurs critères d’embauche et de meilleures normes pour améliorer
les conditions de travail, plutôt que d’engager des personnes venant
d’ailleurs. C’est ce que nous devrions faire à l’exemple du
Québec. Là bas, on retrouve déjà plusieurs entreprises à
haute valeur ajoutée qui transforment le bois dur. Et maintenant
c’est dans le domaine du bois mou que l’on devrait établir des
entreprises à haute valeur ajoutée. En somme ce que nous
recommandons est de changer l’actuelle structure et de placer tous les
usagers à la même table; ainsi, une véritable révolution changera
notre province. On
demanda alors à M. Savoie pourquoi tant de gens regardent du coté de
la foresterie communautaire? C’est parce que les gens n’ont
pas d’autres choix, selon M. Savoie. Ou bien ils doivent subir
l’oligopole actuel ou bien ils préfèrent obtenir un certain contrôle
sur leurs vies. Par exemple, la Coalition Stillwater avec ses 3000
hectares a de la difficulté et Kedgwick n’est pas intéressée par la
foresterie communautaire. Présentement, les détenteurs de permis
et le gouvernement décident où et quand se déplacera chaque pièce de
bois. Nous suggérons plutôt de réunir tous les intéressés et
de leur donner un pouvoir égal. Le gouvernement fédéral se désintéresse
complètement de ses responsabilités envers les forêts du
Nouveau-Brunswick. En
réponse à une question concernant la diminution du personnel de
supervision pour la protection des cours d’eau, M. Savoie a répondu
qu’il y avait 16 personnes affectées à cette fonction et que les Libéraux
les ont libérées de ces fonctions et qu’il ne reste qu’une seule
personne actuellement. Les Conservateurs n’ont rien fait pour
les remettre en place afin de protéger nos rivières et nos forêts.
Il est donc clair pour M. Savoie que nous n’avons pas le personnel nécessaire
pour assurer la protection qui devrait être en place. Adrien
Charette, amant de la nature, de la forêt et de
l’environnement, trappeur professionnel et instructeur certifié de piégeage,
membre du Comité consultatif de la rivière verte et de la haute
Madawaska pour Nexfor-Fraser et aussi membre de la Fédération de la
faune du Nouveau-Brunswick. En 1990, M. Charrette a été
membre de la Table ronde du premier ministre sur l’environnement et
l’économie et il a été le secrétaire du comité consultatif du
ministère des Ressources naturelles sur le piégeage. M.
Charrette est très inquiet à propos des conséquences de la façon que
nos forêts sont traitées et de la manière qu’elles pourraient être
exploitées dans le futur. Au milieu des années 80, plusieurs
d’entre nous avons prédit la disparition du chevreuil dans le nord du
Nouveau-Brunswick. Impossible ont répondu les biologistes à
l’emploi du gouvernement provincial. En 1993, les habitants du
nord du Nouveau-Brunswick ont perdu le privilège de chasser le
chevreuil et depuis il n’y a plus de chasse. Les coupes à
blanc, les coyotes, les braconniers, les hivers rigoureux, les coupes
dans les refuges de chevreuils et les herbicides ont tous été invoqués
pour expliquer la disparition des chevreuils. Pourtant les
chevreuils ont toujours vécu avec la plupart de ces conditions
difficiles. Mais quand Monsanto a admis que leur herbicide Vision
était dangereux pour les orignaux, bingo, nous avons pu conclure que la
véritable raison de la disparition des chevreuils était bien les
herbicides. C’est ce qui tue les chevreuils : les
herbicides éliminent le bois dur, une source d’alimentation pour le
chevreuil. C’est la raison principale de la disparition du
chevreuil dans le nord. Et maintenant, qu’est-ce que l’on
utilisera dans les plantations? Des herbicides. Les
chevreuils ne peuvent pas vivre dans les plantations. Les
coupes à blanc. Mais pourquoi n’utilise-t-on pas des techniques
plus sophistiquées comme les coupes sélectives? Celles-ci
encouragent la régénération, réduisent les coûts et aident la
nature. Bien souvent, la coupe à blanc n’est pas la première
phase de l’exploitation des forêts. Tout d’abord une première
sélection est faite, les arbres qui devraient être respectés et
demeurer debout sont d’abord coupés. Puis, l’on fait des
coupes sélectives qui lentement se transforment en coupe à blanc pour
enfin faire place aux plantations. Seule une meilleure supervision
pourrait enrayer ce problème, mais il n’y en a pas. Nous
devrions créer des plantations pour les chevreuils, pour les animaux! Les
zones tampons. Les grandes compagnies forestières prétendent
qu’il y a des milliers et des milliers d’hectares de forêt qui sont
protégés. Il n’y a pas si longtemps, durant les années 50, 60
et 70, ces compagnies ignoraient complètement la présence des cours
d’eau, et elles coupaient comme si les cours d’eau n’existaient
pas. Couper dans les zones tampons, ces minces lisières d’à
peine 30 mètres, réduirait considérablement les habitats pour les
chevreuils. Des coupes à blanc autour des refuges d’hiver avec
les épandages réguliers d’herbicides vont certainement exterminer la
population de chevreuils. Si l’on détruisait votre toit,
seriez-vous capable de survivre? Et pourtant on coupe tous les
arbres matures. Il ne faut absolument pas accorder le droit
d’exploiter les zones tampons et les refuges de chevreuils. Et
les plantations ne sont pas gérées, elles sont plutôt abandonnées
parce qu’elles ne produisent pas la quantité de fibres qu’elles étaient
sensées produire. Peut-être qu’elles pourraient avoir un
meilleur rendement si elles étaient adéquatement gérées. Les
plantations sur les terres de la Couronne ont maintenant une vingtaine
d’années. Les plantations ne sont d’aucune utilité pour les
animaux. Une étude a démontré que dans les plantations où les
arbres matures ont été éliminés il n’y a plus d’animaux.
Le Québec a mis en œuvre un plan pour rectifier les habitats des
chevreuils, mais, ici au Nouveau-Brunswick, nous laissons les
entreprises couper à blanc 95% de leur approvisionnement. Il est
temps que nous rectifiions notre tir. Il n’y a pratiquement plus
de gardes forestiers et ceux qui restent sont occupés à préparer des
plans de gestion. Très peu d’entre eux font de la surveillance
et encore moins imposent les règlements. Il y a très peu de
condamnation pour braconnage; on devrait doubler et même tripler le
nombre de surveillants. À l’intérieur du comité aviseur dont
M. Charrette fait partie, on a discuté de la disparition des chevreuils
et de l’utilisation d’herbicides et nous en sommes venus à la
conclusion que les grandes entreprises devraient être obligées de
mettre sur pied des comités aviseurs et de suivre leurs recommandations.
Il y a une très grande différence entre ce qui est permis au Québec où
l’on a pu constater de nettes améliorations. On devrait mettre
en place de tels comités un peu partout au Nouveau-Brunswick. Rino
Leclerc a travaillé en foresterie et il a utilisé divers équipements
depuis 20 ans. Au cours des quatre dernières années, il
s’est impliqué dans une opération d’érablière sur les terres de
la Couronne. Le nombre d’opérations d’érablières s’est
considérablement accru au cours des 15 dernières années. 80% de
la production de sirop d’érable provient du N.-B. Les chiffres
de L’ACOA pour l’année 2001 montrent des ventes annuelles pour la
totalité des industries ont été de 11,34 millions de dollars. M.
Leclerc est très inquiet des pratiques forestières de coupe à blanc
et d’utilisation d’herbicides près ou tout à côté des érablières,
ce qui cause des dommages par le vent et détériore l’équipement.
L’épandage d’herbicides empêche les opérateurs d’érablières
d’être certifiés agrobiologiques, ce qui en retour signifie une réduction
de 8% du revenu par livre de production. Au début de 2003, le
gouvernement a réservé 2000 hectares pour la production du sirop d’érable;
cependant, ces terres sont aussi utilisées par l’industrie forestière.
M. Leclerc a affirmé que le gouvernement ne devrait pas permettre à
l’industrie forestière d’avoir accès aux érablières.
C’est tout un secteur où de nouveaux marchés peuvent être développés,
et le marketing de ce créneau existe pour la combinaison spéciale des
érables argentés et des érables rouges. Les forêts mixtes et
les forêts à feuilles caduques devraient demeurer une priorité telle
qu’elles sont. Les forêts mixtes constituent aussi une barrière
contre les incendies de forêt et contre la tordeuse de l’épinette. Anne
Knudsen, du comté Victoria, est copropriétaire d’un boisé de
300 acres. Elle est éducatrice et l’une de ces
environnementalistes. Elle a affirmé qu’il serait grand temps
qu’un débat soit tenu dans la province sur l’approvisionnement en
bois. Cependant, le prochain débat en profondeur devrait porter
sur l’entièreté des terres de la Couronne et leur place comme source
de revenus au N.-B. Elle
a trois préoccupations majeures par rapport à trois recommandations du
rapport Jaakko-Pöyry :
Les
trois recommandations du rapport Jaakko-Pöyry :
Ces
trois recommandations sont totalement irresponsables. Ces
recommandations changeraient totalement le paysage autour de nous.
Tout serait déséquilibré. Les forêts du N.-B. sont diversifiées
et une partie de cette diversité a déjà été perdue. Tout,
l’eau, les animaux, et les arbres dépendent de la présence des forêts.
Avons-nous les moyens de bouleverser cet équilibre dans une époque de
changements climatiques? Comment
notre gouvernement pourrait-il garantir un approvisionnement en bois!
Ce n’est pas en son pouvoir d’engager nos ressources forestières
alors qu’aucun accord n’a été conclu avec les Premières Nations! C’est
une erreur de croire que la présence de la grande industrie va nous
profiter à tous. Le
cycle de l’essor et de la faillite fait partie intégrante de la
nature des grandes entreprises. Elles ne vont pas prendre soin de
nous. Le rôle du gouvernement est crucial. Le gouvernement
a la responsabilité de gouverner pour le bien à long terme de la
population et non pas pour les gains à court terme des industries.
Nous devons reconnaître que ce qui a été fait aux terres de la
Couronne n’est pas durable. Il n’existe pas de règlements,
seulement des lignes de conduite concernant les violations de
l’environnement sur les terres de la Couronne et pas assez de
personnel pour se charger des infractions et des plaintes à propos des
terres de la Couronne. Cette mauvaise gestion des terres de la
Couronne n’inspire pas confiance quant à donner encore plus le contrôle
de nos terres; nous devons cesser de suivre toujours le même vieux scénario.
Il a été irresponsable de confier la gestion à l’industrie. Recommandations :
Chris
Allen, propriétaire de boisé et citoyen inquiet, apprécie le
prolongement des audiences publiques, ancien membre de l’Association
des producteurs de bois de Carleton Victoria, a été cadre pendant 6
ans à la Fédération des propriétaires de boisés du N.-B.
Le rapport Jaakko-Pöyry l’inquiète beaucoup. Il y a 20 ans, le
ministère des Ressources naturelles a fait des discours à propos de la
durabilité des terres de la Couronne et sur la Loi sur les forêts, de
même que sur les coupes annuelles permises. Cela souleva de
grands débats quant à savoir si cela était durable et de grandes
inquiétudes quant à la distribution inégale des quotes-parts et
l’effet que cela pouvait avoir sur les revenus à venir. La
question ici est que nous avons dû faire face à une nouvelle réalité;
nous avons appris à y faire face en causant des dégâts ravageurs aux
façons traditionnelles de travailler des producteurs de bois. Un
autre point fort est qu’on nous avait dit que la capacité de
production pour la pulpe arrivait alors déjà à sa limite. Recommandations :
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