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Audiences publiques
du Comité spécial de l'approvisionnement en bois
[Liste des rencontres] [Présentations] [Résumés journaliers]

Cinquième journée
Campbellton 
le 25 novembre, 2003 

Les audiences publiques de Campbellton ont eut lieu dans une salle beaucoup trop petite pour contenir le grand nombre de personnes qui s'étaient présentées pour y assister. Comme la foule débordait dans les corridors et qu'il était difficile d'entendre ce qui se disait, le Conseil de Conservation a accepté de retirer le paravent qui permettait l'accès à son espace afin d'accommoder le public durant les audiences.

André Arpin - de Arpin Canoe Restigouche
Monsieur Arpin, qui opère une compagnie d'écotourisme, a exprimé son inquiétude face aux changements que subirait la Restigouche si on procédait à des coupes à blanc. Il a dit qu'il y avait beaucoup trop d'eau dans la rivière durant les premiers mois de l'année, ce qui l'oblige à fermer son site d'écotourisme. En revanche, durant l'été, les niveaux d'eau sont si bas qu'il est possible de marcher le long de la rivière, et que faire des voyages en canot devient un véritable défi. Il a ajouté que, par endroits, les coupes se font jusque sur les berges de la rivière. Il a rappelé que sa représentation devant le Comité concernait aussi nos petits-enfants et qu'il ne fallait pas l'oublier. Monsieur Arpin a aussi fait état de ses inquiétudes en disant que les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry accordaient beaucoup trop de pouvoir aux grandes compagnies qui ne sont intéressées qu'en quelques types d'arbres. Il a souligné que les nombreux espaces où l'on a procédé à une coupe à blanc pour produire de la pulpe seulement, auraient donné, si on les avait laissés en place, des arbres d'une valeur commerciale beaucoup plus élevée. Au lieu de ça, ces espaces vont être transformés en fibres de pauvre qualité qui ne seront utiles qu'aux compagnies de pâtes et papiers et pour leurs moulins.


[photo: Andre Arpin et Florian Levesque]

Florian Levesque - de Balmoral
Il a soulevé ses inquiétudes à propos de l'étude Jaakko Pöyry, de même que sa surprise à son coût de 500 000$. Monsieur Levesque a demandé aux membres du parti Libéral faisant parti du comité de leur donner leur compte-rendu des rencontres qu'ils ont eu avec les Irving en se payant du bon temps au chalet aux frais de la compagnie. M.Scott Target a répondu en disant que les réunions ne s'étaient pas tenues avec John Irving en personne. Il a dit qu'il s'était réuni avec David Coon du Conseil de la conservation ainsi qu'avec les conseils d'administration des compagnies de commerce du bois, et il a poursuivi en disant que l'endroit choisi pour ces réunions n'avaient rien à voir avec les audiences publiques.
Monsieur Levesque a dit que le point de mire des audiences était beaucoup trop étroit. L'habitat et la santé de nos écosystèmes forestiers sont importants pour un tas de gens et qu'il devrait y avoir des audiences portant des enjeux plus pertinents et d'une plus grande envergure.
Son sentiment est que l'approche proposée pour les terres de la Couronne détruit notre avenir.

Pat McCarthy - Bowater Maritimes Inc.
Leur moulin à papier journal est situé à Dalhousie. Il a fait valoir qu'ils opéraient dans un environnement global et qu'ils faisaient des investissements qui pouvaient contribuer à des pertes d'emploi, à des changements de propriétaires, bien que le moulin continue à opérer. Cependant, si dorénavant le bois coupé provenait des terres de la Couronne, ils pourraient faire des investissements et faire croître leur chiffre d'affaires. Il a apporté l'argument que les recommandations du rapport Jaakko Pöyry offriraient plus d'options pour l'avenir, et a demandé au comité de prendre en compte les intérêts des travailleurs ruraux. M. McCarthy a dit que 45% de la quantité de bois utilisé provenait du Québec. Il souligna que les demandes des grandes entreprises forestières devraient être considérées au même titre que le sont les objectifs environnementaux ou ceux de conservation de la forêt.

M. McCarthy a dit qu'une des recommandations les plus importantes du rapport Jaakko Pöyry était d'impliquer la participation du public. Il a noté que le comité spécial était un bon départ en ce sens, mais qu'il restait encore beaucoup à faire. Il a caractérisé les recommandations du rapport Jakko Poyry comme étant le prochain pas que le gouvernement devait poser en réformant sa politique sur les terres de la Couronne, après que soient établis des espaces naturels protégés au Nouveau-Brunswick.
Lorsque'on lui a demandé de se prononcer sur le potentiel d'emploi de l'industrie forestière,, il a dit que l'augmentation de l'emploi n'était pas garantie, étant donné qu'ils rivalisaient sur un marché global.

Felix Dubé - St. Quentin
Monsieur Dubé a dit qu'il y a beaucoup trop de coupes à blanc et qu'il vaudrait mieux pour tout le monde que l'on se concentre sur les coupes sélectives. L'inquiétude est grande concernant la biodiversité, dit-il, et les coupes sélectives nous aideraient à la conserver. Il a suggéré la création d'un permis de possession d'un lot sur les terres de la Couronne qui donnerait aux habitants et aux habitantes du Nouveaux-Brunswick la chance de gagner leur vie sur les terres de la Couronne. Les résidents des lieux pourraient travailler chez eux. À long terme, ce permis motiverait les gens à investir sur leur terre. Il a dit que nous voulions des emplois à long terme et des produits de bois à haute valeur ajoutée.

Ed Perry, président de la Fédération des propriétaires de lots boisés, a ouvert la réunion en faisant un bref historique de l'histoire des propriétaires de lots boisés et des conseils de mise en marché. Il est nécessaire que leur gestion soit juste et ordonnée, dit-il, et la clé du succès réside dans la stabilité : des coûts et des calendriers de livraison, des prix négociés justes pour les deux parties en présence. C'est ce que réalisait une première ressource en approvisionnement avant 1992. Les entreprises peuvent passer par les terres de la Couronne, approvisionner pleinement leurs moulins, et obtiennent un plus grand pouvoir d'action lorsque vient le temps d'acheter du bois, ce pouvoir provenant des terres de la Couronne qui appartiennent aux citoyens du Nouveau-Brunswick. Il a recommandé que la source première d'approvisionnement soit remise aux propriétaires privés, en établissant des négociations significatives, le respect des contrats, ainsi que des récoltes durables dans chacune des zones.

Claude Pelletier, du Bureau des ventes des produits forestiers de Madawaska à Edmunston, a présenté une vue d'ensemble des propriétaires de petits boisés et des résultats du programme de sylviculture, qui produit des volumes mesurables de bois, en faisant remarquer que les propriétaires de petits boisés fournissaient 25% du bois utilisé par l'industrie. Il a indiqué qu'il aimerait que soient versés dans ce programme des investissements annuels de plus de $15 millions. Lorsque M. Targett lui demanda s'il souhaiterait que les propriétaires de boisés soient surveillés par le gouvernement, il répondit qu'ils l'étaient déjà. M. Targett demanda que toutes idées concernant les taxes et les subventions accordées aux propriétaires de lots boisés soient copiées et expédiées aux membres du comité.

photo by cbc news nbDuane Woods, de la Scierie des Chaleurs, un moulin indépendant, a proposé que soit établi à long terme un plan de foresterie pour les terres de la Couronne, incluant les fonds alloués pour la sylviculture. Un des problèmes en foresterie c'est que le gouvernement signale qu'il n'y a PAS DE FONDS qui lui sont réservés. Les moulins, les petits comme les moyens, ont besoin d'une certaine stabilité : ils essaient désespérément de rivaliser avec les multinationales du Québec et du Nouveau-Brunswick et de tous les coins du pays. Il a cité l'exemple des quincailleries locales qui ont dans leurs inventaires du bois provenant de la Colombie Britannique et il a rappelé le démantèlement de quelques moulins qui ne pouvaient simplement plus rivaliser…ils n'avaient pas accès à un approvisionnement de bois à long terme. M. Woods a décrit certaines des entreprises ajoutant de la valeur au bois dans la province, soulignant la nécessité de maintenir une variété de bois mous dans la province. Il a mentionné que, là où auparavant on jetait le brin de scie et l'écorce du bois, on les réutilise aujourd'hui pour la production d'énergie. Les hôpitaux de Tracadie et de Bathurst en sont un exemple; les deux utilisent l'écorce pour chauffer et pour climatiser leurs bâtiments.Il a aussi noté que si les recommandations du rapport Jaakko-Pöyry étaient acceptées, l'approvisionnement en bois n'augmentera pas pour 35-40 ans mais que c'est le temps de commencer à faire porter nos efforts pour augmenter le rendement des terres de la Couronne.

Brenda Kelley - de Développement durable de Bathurst
Brenda Kelley a recommandé le rejet des recommandations du rapport Jaakko Pöyry. Elle a fait appel à l'industrie forestière pour qu'elle diversifie sa production en des produits de haute valeur ajoutée, et qu'elle consacre une partie de ses récoltes actuelles à ces fins. Elle a recommandé la formation d'un groupe d'actionnaires pour préparer un plan d'adaptation à la forêt diversifiée, ce qui est très loin de la production de fibres par lesquelles les entreprises sont obsédées actuellement. Mme Kelley a demandé qu'il y ait une politique qui verrait au transfert des sommes présentement accordées aux entreprises vers la foresterie communautaire afin de créer des emplois dans les zones rurales éloignées.

Serge Laplante - du groupe Savoie
Monsieur Laplante a dit que les moulins de bois dur avaient perdu leur assise au profit d'espaces protégés et d'érablières. Il a apporté son support à bon nombre de recommandations du rapport Jaakko Pöyry, mais il s'est décrit comme se situant à l'extrême du spectre. Selon M. Laplante, la question d'approvisionnement en bois est essentielle, mais on devrait s'assurer que l'équilibre entre le bois dur et le bois mou soit maintenu. Monsieur Laplante est d'avis que le temps est venu d'augmenter nos investissements dans nos propres forêts.

Marco Martin - des Produits forestiers de l'Amérique du nord
Monsieur Martin a dit au comité qu'ils rivalisaient sur un marché mondial et que le rapport Jaakko-Pöyry constituait un pas en avant pour l'industrie. Il a noté que plusieurs groupes environnementaux s'opposaient aux recommandations du rapport, mais qu'à son avis, il n'y a rien de mauvais dans ce rapport. Alors qu'on ne verra pas les résultats du rapport Jaakko Pöyry avant 50 ans, il se demande quoi d'autre pourrait être fait pour surmonter le défi actuel d'approvisionnement en bois, à part s'adapter.

Michael Lushington - du Club des naturalistes de Restigouche, Dalhousie
Monsieur Lushington a décrit les recommandations du rapport Jaakko Pöyry comme s'éloignant radicalement de l'approche actuelle adoptée par le Nouveau-Brunswick dans la gestion des terres de la Couronne, et que l'industrie et le gouvernement provincial qualifient de " meilleure en Amérique du Nord. " Qu'arrivera-t-il après qu'on aura doublé la quantité du bois d'approvisionnement? Faire pousser des arbres au-delà du potentiel des terres ne peut que mener à l'effondrement. Voulons-nous vraiment transformer la moitié des forêts en plantations? Comment pourrait-on poursuivre une telle aventure sans de massifs épandages d'herbides? Comment, avec de telles recommandations, la province pourrait-elle maintenir son engagement d'assurer la biodiversité? M. Lushington a soutenu que de telles transformations à grande échelle pour faire place à des plantations ne peuvent être durables. Les forêts publiques de la Couronne n'existent pas seulement à des fins industrielles, a affirmé M. Lushington et, il appartient à la population de décider du futur des terres de la Couronne, à court terme pour notre génération et à long terme pour les générations à venir.

Maurice Légère - du Comité aviseur sur les permis de l'Upsalquitch
Ce comité a été formé pour conseiller Bowater à propos de leurs activités forestières sur la zone couverte par leur permis sur les terres de la Couronne. La présentation de ce groupe a été un plaidoyer en faveur de Bowater et des recommandations du rapport Jaakko-Pöyry.

Monsieur le maire James Blanchard de Dalhousie -
Parce que Bowater a toujours importé 45% de ses fibres de bois du Québec, la province devrait faire quelque chose pour augmenter l'approvisionnement en bois au Nouveau-Brunswick. Ce moulin existe depuis 1930. Il a exprimé son sentiment personnel que si 28% des forêts de la Couronne étaient aménagées dans des espaces protégés, la biodiversité serait adéquatement protégée. Il s'est dit en faveur de l'intention du rapport Jakko Poyry d'augmenter l'approvisionnement en bois parce qu'il soutenait ainsi sa municipalité,qui connaît la baisse de population la plus importante au Nouveau-Brunswick. Il a dit qu'il supportait le principe du rapport, même s'il n'en connaissait pas tous les détails.

Wayne Powers - RegéNord ltée
Sa compagnie, entre autres choses, multiplie les contrats pour la plantation et le désherbage commercial. Il a exprimé sa conviction que plus d'investissements dans l'industrie forestière aideraient.

Jacques Levasseur de Cèdres Balmoral une scierie qui ajoute de la valeur au bois, a affirmé qu'il s'approvisionnait à 70% de bois provenant de terres privées. En réponse à une question sur son approvisionnement en cèdre, il dit qu'il réservait 3$ pour remplacer les arbres qu'il utilisait. M. Levasseur suggéra que la province devrait réinvestir dans le reboisement des terrains privés tout comme pour les terres de la Couronne afin d'accroître la productivité de ces terres.

Jeannette Desprès, de Cocagne, a présenté une courte demande au comité d'accepter " l'opinion d'une vieille femme qui n'a rien d'autre à donner que de bons conseils. " Madame Desprès a suggéré de faire de meilleures lois pour empêcher le vol sur les terres de la Couronne. Dans l'état de New York, on impose aux entreprises une amende équivalente à trois fois la valeur du bois volé trouvé dans les moulins afin de réduire les vols.

Sinclair Walsh, enseignant à Dalhousie. M. Walsh a affirmé que le bois n'était pas notre première exportation, mais que c'était les jeunes qui quittaient la province qui représentait nos plus grandes pertes.

Ken Bouchard, de la Coopérative des travailleurs forestiers de McKendrick.  M. Bouchard a décrit la coopérative de 66 personnes et leur vision: que les forêts peuvent porter plusieurs chapeaux pour plusieurs utilisateurs; l'industrie est indispensable pour les communautés; qu'on peut avoir un meilleur aménagement de la forêt pour les fins des chasseurs, pêcheurs, la faune etc. Il a déclaré que le nombre de coupes à blanc qui ne sont pas aménagés après la coupe est signifiant et sans l'aménagement, le sol s'appauvrit. Il a recommendé des comités consultatif compétents dans la domaine et qu'on doit se pencher sur le rpoblème de surexploitation des lots boisés privés.

Clément Arpin, des Ateliers Arpin de Kedgwick, a d'abord mentionné qu'il allait parlé mais qu'il avait déjà été puni pour avoir exprimer son opinion en public. Il a suggéré qu'on devrait faire un effort pour ajouter de la valeur à notre bois, où on est en retard de 20 ans dans le domaine. Il y a des sortes de bois - le hètre, l'érable rouge, par exemple, qu'on devrait faire connaître aux consommateurs.

 

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